Financement des entreprises en difficulté et responsabilité bancaire dans l'espace OHADA
| Auteur / Autrice : | Emmanuel douglas FOTSO POUOKAM |
| Direction : | Pascale Bloch |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit privé |
| Date : | Inscription en doctorat le 09/07/2013 Soutenance le 14/11/2017 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
L’Acte uniforme de l’OHADA portant organisation des procédures collectives d’apurement du passif (AUPC) a mis en place divers régimes de responsabilité qui permettent de sanctionner le banquier en cas d’abus dans son activité de distribution de crédit dans les Etats membres. Le risque de responsabilité est élevé lorsque les crédits sont antérieurs à la procédure collective et ont ainsi joué un rôle dans la cessation des paiements de l’entreprise. Mais lorsque les crédits sont postérieurs à l’ouverture de la procédure collective, le risque de responsabilité du banquier est limité. Le législateur tente au contraire, dans ce dernier cas, d’inciter le banquier à participer au financement de l’entreprise en difficulté. La création récente du privilège de l’argent frais par l’AUPC du 10 septembre 2015 répond à cet objectif d’incitation. Mais dans les faits, on note une ineffectivité des sanctions prévues par l’AUPC. En effet, les actions en responsabilité sont rarement intentées contre le banquier. Deux raisons fondamentales expliquent cette ineffectivité. D’une part, le droit OHADA des entreprises en difficulté est lui-même en difficulté dans les Etats membres. Il est peu sollicité en pratique, de nombreuses entreprises africaines disparaissant clandestinement. D’autre part, les organes des procédures collectives n’ont pas toujours été au service des entreprises en difficulté et leur laxisme a souvent joué un rôle dans l’échec des procédures ouvertes. Dans ces conditions, la responsabilité n’est que rarement recherchée et le banquier est donc devenu, en pratique, un irresponsable de fait, ce qui conduit à nuancer l’idée selon laquelle la frilosité des banques a pour cause la mise en jeu fréquente de leur responsabilité