Thèse soutenue

L'invention de la forêt méditerranéenne de la fin du XVIIIe siècle aux années 1960

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Auteur / Autrice : Martine Chalvet
Direction : Robert Ilbert
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Lettres
Date : Soutenance en 2000
Etablissement(s) : Aix-Marseille 1

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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A la fin du XVIIIe siècle, la forêt méditerranéenne n'existe pas encore. Partant de ce constat, cette thèse cherche à comprendre pourquoi et comment naît une forêt méditerranéenne inédite et de nouveaux rapports à la foret entre la fin du XVIIIe siècle et les années 1960 sur l'ensemble du bassin méditerranéen et plus spécifiquement en Provence, en Algérie, en Espagne, en Italie et dans l'Empire ottoman. Elle vise à étudier la mise en place et le succès de la définition naturaliste d'un objet qui, bien que lié à la nature, demeure une édification sociale, politique, économique, scientifique et culturelle, fruit des oppositions ou au contraire de la collaboration de différents acteurs sociaux et économiques : paysans, propriétaires, notables et érudits locaux, forestiers et scientifiques. Elle s'intéresse autant à l'évolution des paysages liée au déboisement, aux incendies ou à l'inverse aux reboisements qu'aux constructions idéologiques et politiques qui apparaissent autour du nouveau concept de forêt méditerranéenne. Au-delà de ce concept, elle montre l'élaboration à travers les paysages puis l'instrumentalisation de la notion de région méditerranéenne. Elle doit permettre de comprendre pourquoi et comment les européens de la fin du XIXe siècle ont "naturalisé" cet espace au moment même où ils pensaient avoir retissé l'unité entre les deux rives de l'ancienne mare nostrum, reconstruisant ainsi le rêve d'un Al-Andalous, d'une unité mythique de cette région méditerranéenne considérée comme le berceau des civilisations. Dans la mélancolie d'un monde idéalisé et disparu, les "descendants des grecs et des romains" auraient façonné leur mMéditerranée, matrice d'un âge d'or de plénitude et d'équilibre, en utilisant la nature comme une caution des constructions culturelles, sociales ou politiques. Dans un siècle de bouleversements et de reconstruction des identités la forêt ne devient-elle pas un refuge symbolique, l'expression d'une nostalgie de l'harmonie immuable et naturelle ?