Thèse soutenue

Risques infectieux à fort impact des nouvelles thérapeutiques immunomodulatrices dans le psoriasis : étude pharmaco-épidémiologique à partir des données du SNDS

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Auteur / Autrice : Laetitia Penso
Direction : Émilie SbidianMahmoud Zureik
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Santé publique - recherche clinique
Date : Soutenance le 21/10/2022
Etablissement(s) : Paris 12
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Santé Publique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : EpiDermE (Créteil) - Epidemiology in Dermatology and Evaluation in Therapeutics / EpiDermE
Jury : Président / Présidente : Bernard Bégaud
Examinateurs / Examinatrices : Mahmoud Zureik, Denis Jullien, Emmanuel Oger, Catherine Droitcourt, Raphaèle Seror, Julien Kirchgesner
Rapporteurs / Rapporteuses : Denis Jullien, Emmanuel Oger

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Le psoriasis est une maladie cutanée inflammatoire chronique dont la prévalence chez l’adulte est estimée à 4% en population française. Il n’existe pas de traitements curatifs. Les formes modérées à sévères nécessitent un traitement systémique incluant les biomédicaments, dont l’offre ne cesse d’augmenter depuis les années 2000 avec 11 molécules disponibles en France. Du fait de leurs actions immunosuppressives, un sur-risque d’infections graves est attendu, et des précautions sont prises avant l’introduction de ces traitements, notamment la mise à jour du carnet vaccinal. Les résultats de tolérance des essais cliniques ont une portée limitée due à un manque de puissance pour les évènements rares tels que les infections graves et des limites de validités externes puisque 30 à 78% des patients psoriasiques issu de cohortes nationales ne seraient pas éligibles à un essai portant sur un biomédicament. Les données des études observationnelles disponibles sont quant à elles contradictoires. Par ailleurs, il existe un défaut de couverture vaccinale chez 70% des patients psoriasiques sous biomédicament. La survenue de la pandémie à la COVID-19, a soulevé de nouvelle question sur le risque d’infection et/ou de décès chez les patients psoriasiques sous biomédicament ou autre traitement systémique. Les données préliminaires de registres auto-déclaratif internationaux comme PsoProtect, étaient rassurantes mais limitées à un nombre restreint de patients. L’objectif de ce travail de thèse était (i) d’évaluer le risque d’infections sévères des patients psoriasiques nouveaux utilisateurs de biomédicament selon le biomédicament initié en prenant un autre biomédicament comme comparateur ; (ii) d’étudier le risque de hospitalisation ou de mortalité à l’hôpital pour COVID-19 chez les patients psoriasiques selon le profil de traitements utilisé ; (iii) et d’estimer l’impact de l’adhésion au calendrier vaccinal pneumococcique recommandé pour les initiations de biomédicament, sur le risque infectieux pulmonaire. La source de données des travaux de la thèse était les données en vie réelle du Système National des Données de Santé (SNDS) comprenant 98% de la population française. Dans un premier temps, nous avons montré un risque infectieux différentiel selon le biomédicament initié avec une sur-risque retrouvé pour les initiateurs d’adalimumab (HRp de 1.22, IC95% 1.07 – 1.38) et d’infliximab (1.79, 1.49 – 2.16) et un sous-risque d’infection grave sous ustékinumab (0.79, 0.67 – 0.94), par rapport à l’étanercept. Les traitements biologiques les plus récents (anti IL17 et anti IL23) n’étaient pas associées à un sur-risque infectieux par rapport à l’étanercept. On retrouvait également la prise concomitante de corticostéroïde au cours de la biothérapie comme facteur de risque d’une infection grave et notamment de l’infection pulmonaire. Aucun risque de formes graves de la COVID-19 (hospitalisation ou décès à l’hôpital pour COVID-19) était retrouvé au cours de la pandémie sous traitement systémique. Enfin nous n’avons pas pu montrer d’effet protecteur de la vaccination anti-pneumocoque à l’initiation d’un biomédicament et ceux quelques soit la définition retenue de l’exposition. Ces trois études ont permis d’apporter des preuves quant à la sécurité des biomédicaments vis à vis du risque infectieux. Les risques différentiels rapportés et le sur-risque sous corticothérapies pourront aider les prescripteurs dans leur choix thérapeutique.