Thèse soutenue

De l'hostilité à une éthique prophétique de vie : la fabrication de l'ennemi dans le discours libanais sur les Juifs et Israël (1948-2000) et sa reprise critique

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Tidola Abdou
Direction : Frédéric RognonGabriel Hachem
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences religieuses
Date : Soutenance le 26/03/2021
Etablissement(s) : Strasbourg en cotutelle avec Université Saint-Joseph (Beyrouth)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Théologie et Sciences Religieuses (Strasbourg ; 1997-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Théologie protestante (Strasbourg)
Jury : Président / Présidente : Karsten Lehmkühler
Examinateurs / Examinatrices : Roula Talhouk
Rapporteurs / Rapporteuses : Michel Younès, Dominique Avon

Résumé

FR  |  
EN

La thèse aborde la fabrication de l’ennemi Juifs-Israël dans le discours politico-religieux au Liban (1948-2000). Elle analyse celui de quatre figures libanaises chrétiennes et musulmanes, Ḥassan Khaled, Muḥammad Ḥusayn Faḍlallah, Youakim Moubarac et Georges Khodr et ce, sous l’angle de cette fabrication qui mobilise : une idéologie, un discours, des marqueurs d’ennemis et une montée des mécanismes de la violence. Fabriqué dans le discours, l’ennemi peut-il être déconstruit dans le discours par une éthique prophétique ? La première partie de la thèse développe le contexte historique entre 1881-1948. Elle pose un cadre épistémologique et théorique de la fabrication et de l’identification de l’ennemi et expose trois grilles de lecture, politique, socio-culturelle et anthropologique pour analyser les discours ainsi qu’une quatrième grille qui est la nôtre propre inspirée de la théorie de la fabrication de l’ennemi de Pierre Conesa. La deuxième partie présente le discours de chacune des figures libanaises sur l’ennemi Juifs-Israël. Elle étudie les thématiques à partir desquelles la figure de cet ennemi prend forme à savoir : la terre, le peuple et Dieu, ainsi que les représentations et le langage utilisés pour discréditer l’ennemi et les mécanismes de violence qui découlent de cette fabrication. La troisième partie expose la question de la relativisation, voire l’élimination de l’hostilité, à travers des réflexions ou des projets, pour préserver ou restaurer la paix et pour développer les échanges, en associant les secteurs privés et publics. Elle propose une lecture synchronique puis une reprise critique des discours. En repérant des limites dans les discours qui favorisent une fabrication de l’ennemi, l’attention est portée aussi vers des contre-limites afin de proposer des dynamiques de vie qui contribuent à sortir du cercle dans lequel les uns et les autres s’enferment dans l’hostilité envers l’ennemi. Les rivalités mimétiques par rapport à l’identité, la terre et la vérité sont susceptibles d’être éradiquées à travers une éthique prophétique où le désir authentique est recherché dans la confiance en soi et vis-à-vis des autres, où l’hospitalité, celle de Dieu et celle d’Abraham peuvent inspirer des actes d’accueil de l’autre, où la terre peut être à soi-même et partagée et où la connaissance et la reconnaissance de l’autre ouvrent le champ à des relations saines et à la construction d’une société civile juste et équitable. L’ennemi fabriqué dans le discours peut être déconstruit dans le discours par une éthique prophétique de vie.