Thèse soutenue

La question cambodgienne dans les relations internationales de 1979 à 1993

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Auteur / Autrice : Im François
Direction : Quang Bui-Xuân
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences politiques
Date : Soutenance en 2003
Etablissement(s) : Paris 10

Mots clés

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Résumé

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La question cambodgienne dans les relations internationales, à l'ordre du jour des Nations Unies de 1979 à 1993, a capté l'attention de la communauté internationale pendant plus de 14 ans et déchiré un pays qui avait pourtant déjà très largement éprouvé son lot de souffrance. En 1979, l'Assemblée générale des Nations Unies a choisi le Kampuchéa Démocratique (DK), régime renversé et accusé de génocide, au détriment de la République Populaire du Kampuchéa (RPK), mise en place par Hanôi. La RPK n'était pas acceptable en droit international sauf à créer un précédent très dangereux. A partir de 1979, le Cambodge des Cambodgiens n'existait plus. Il y avait deux Cambodges : un Cambodge pro-vietnamien soutenu par l'URSS et les pays du camp socialiste et un Cambodge prochinois appuyé par l'ANASE et l'Occident. Le premier était occupé par 180000 soldats vietnamiens. Le second formait la Résistance et contrôlait les camps de réfugiés à la frontière khméro-thai͏̈landaise. La situation, figée sur le plan militaire, demeurait sans solution jusqu'en 1985. Pourtant à compter de cette date, les choses ont évolué. La restructuration profonde et rapide de la politique intérieure et extérieure de l'Union soviétique entreprise par Mikhail Gorbatchev en 1985 a entraîné un bouleversement des rapports Ouest/Est, passant de la tension à la nouvelle détente. Les changements intervenus dans les relations Ouest/Est allaient obliger les acteurs locaux à accepter la résolution du conflit par voie diplomatique orchestrée par le Conseil de sécurité. Signés le 23 octobre 1991 à Paris, les accords de paix prévoyait les élections "libres et démocratiques" au Cambodge. Pour mener à bien ce processus électoral, le Secrétaire général de l'ONU a créé en février 1992, l'Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC) dont le mandat a été de 18 mois. L'opération de l'APRONUC a revêtu une très grande importance pour le Cambodge et pour toute la communauté internationale. Le succès de cette opération aurait pu servir de modèle dans d'autres régions du monde. L'espoir que l'on a mis en l'ONU était-il un espoir perdu ? En novembre 1993, l'APRONUC est partie et les aspects internationaux du conflit ont été gommés avec la disparition de l'URSS, mais le Cambodge, profondément déboussolé, lutte encore contre la culture de la survie.