Conception de formes d’onde basée sur l'information mutuelle pour des systèmes OFDM à double fonction radar-communication
Mots clés
Résumé
Ces travaux de thèse s’intéressent à la conception de formes d’onde radar–communication à double fonction (DFRC) pour des systèmes basés sur le multiplexage par répartition orthogonale de la fréquence à préfixe cyclique (CP-OFDM). Le défi méthodologique majeur tient au fait que les systèmes radars privilégient des signaux émis déterministes, tandis que les communications reposent sur des symboles aléatoires porteurs d’information. Pour unifier ces points de vue, nous nous appuyons sur la théorie de l’information en utilisant l’information mutuelle conditionnelle (CMI) côté radar (l’information mutuelle radar moyennée sur toutes les réalisations possibles des symboles émis) et le débit d’informations (IR) côté communication. Nous formulons la conception de la forme d'onde DFRC comme une optimisation de l’allocation de puissance par sous-porteuse des symboles émis, sous contrainte de puissance totale émise, en maximisant une somme pondérée CMI–IR.Le problème exact étant intraitable analytiquement, nous dérivons des relaxations analytiques résolubles : inégalités de Jensen et d'Hadamard pour des symboles émis gaussiens, que nous étendons aux constellations discrètes usuelles. Ces approximations conduisent à des solutions numériques efficaces ou à des solutions en forme analytique explicite (closed form) révélant un comportement de type « water-filling » dans certains régimes. Nous quantifions ensuite le « prix de l’information » qui est la dégradation de l’estimation de la réponse impulsionnelle de la cible induite par la transmission de données. Nous caractérisons également l’effet du choix de constellation, des degrés de compétition entre les canaux radars et communications, et des pondérations des objectifs CMI/IR sur le compromis entre radar et communication.Ensuite, nous étendons le cadre à un scénario multi-bloc (multi-balayage) sous l’hypothèse de bande étroite, en présence du décalage Doppler dû au mouvement de la cible radar. Nous démontrons l’invariance de la CMI radar vis-à-vis du décalage Doppler; dans le cas radar seul (poids de communication nul), l’allocation de puissance résulte d’une optimisation convexe obtenue via l’inégalité de Jensen. Enfin, les simulations valident nos résultats et mettent en évidence des compromis interprétables.