Méthodes d'Intelligence Artificielle pour le Diagnostic et le Pronostic du Carcinome Hépatocellulaire
| Auteur / Autrice : | Aymen Sadraoui |
| Direction : | Jean-Christophe Pesquet, Catherine Guettier, Amel Benazza |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du traitement du signal et des images |
| Date : | Soutenance le 23/01/2026 |
| Etablissement(s) : | université Paris-Saclay |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences et technologies de l'information et de la communication (Orsay, Essonne ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de vision numérique (Gif-sur-Yvette, Essonne) - OPtimisation Imagerie et Santé (OPIS). Inria (Palaiseau, France) |
| Référent : CentraleSupélec (2015-....) | |
| graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Sciences de l’ingénierie et des systèmes (2020-….) | |
| Jury : | Président / Présidente : Caroline Chaux |
| Examinateurs / Examinatrices : Fadoua Drira, Inti Zlobec, Pham Duong-Hung | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Fadoua Drira, Inti Zlobec | |
| DOI : | 10.70675/d9ffa14bz15b1z4b97z86abzbc2d9077e2be |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Le carcinome hépatocellulaire (CHC) compte parmi les cancers primaires du foie les plus fréquents et les plus mortels à l'échelle mondiale, en grande partie à cause d'un diagnostic souvent tardif et d'un risque élevé de récidive après traitement. Pour améliorer la prise en charge, il est essentiel de disposer à la fois d'un diagnostic précis et d'un pronostic fiable. Or, l'analyse manuelle des lames histologiques numérisées reste longue, variable d'un pathologiste à l'autre et difficilement généralisable à grande échelle. La pathologie digitale et l'intelligence artificielle offrent ainsi une opportunité majeure pour automatiser la détection, la caractérisation de la tumeur et la prédiction d'évolution clinique.Dans cette optique, plusieurs modèles d'apprentissage profond ont été conçus, dans cette thèse, afin de répondre conjointement aux besoins de diagnostic et de pronostic du CHC. Le premier axe de recherche s'est focalisé sur la classification et la caractérisation du CHC à partir de lames microscopiques numérisées, formulées comme un problème de classification à trois classes distinguant les tissus non tumoraux, les architectures tumorales non péjoratives et les architectures péjoratives. Une structure neuronale multi-échelle a été mise en place pour capter à la fois le contexte global du tissu et les détails morphologiques locaux. Sa robustesse a été démontrée par une validation sur plusieurs centres hospitaliers, confirmant de bonnes capacités de généralisation.Le deuxième enjeu concerne la rareté des données annotées, problématique récurrente en imagerie médicale. Pour y remédier, un cadre d'apprentissage transductif peu d'exemples a été développé visant à réaliser une classification histologique en sept classes avec très peu de données annotées. Ce cadre est fondé sur deux approches novatrices, notamment le déroulement d'un algorithme EM généralisé. Cette méthode a surpassé l'état de l'art sur plusieurs jeux de données, démontrant son efficacité dans des contextes cliniques à faibles ressources ou dans des situations souffrant d'un fort déséquilibre de classe.Au-delà du diagnostic, la prédiction du risque de récidive a été abordée via un modèle pronostique conçu pour l'estimer dans les deux ans suivant la chirurgie. Plutôt que de se limiter à une seule famille de descripteurs, un SVM combine des informations sur l'architecture tumorale, la morphologie cellulaire et le contexte inflammatoire, auxquelles s'ajoutent des données clinico-biologiques. La performance du modèle a été confirmée par une validation externe sur trois cohortes indépendantes.Enfin, une dernière contribution cible un problème bien connu en pathologie computationnelle : la variabilité des colorations. Les différences dans les protocoles de préparation et d'apparence des lames peuvent fortement dégrader les performances des modèles d'IA. Pour atténuer cet effet, une approche basée sur des réseaux déroulés a été proposée pour séparer les colorants, puis normaliser les images. En dissociant les composantes Hématoxyline, Éosine et Safran, avant de les recomposer dans un espace colorimétrique standardisé, la méthode harmonise efficacement l'apparence des images, tout en conservant les structures biologiques. Les évaluations comparatives montrent une meilleure stabilité et une cohérence supérieure aux techniques de normalisation existantes.Dans l'ensemble, ces travaux illustrent le potentiel de l'intelligence artificielle pour structurer des chaînes diagnostiques et pronostiques fiables et déployables à grande échelle dans le carcinome hépatocellulaire, ouvrant la voie à une amélioration des pratiques cliniques.