Thèse soutenue

« Heureusement qu’il y a la Suisse » : reproduction et recompositions des classes populaires dans les espaces désindustrialisés frontaliers

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Auteur / Autrice : Alexandre Barbet
Direction : Nicolas RenahyIvan Bruneau
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sociologie, démographie
Date : Soutenance le 09/06/2026
Etablissement(s) : Dijon, Université Bourgogne Europe
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit, Gestion, Economie et Politique (Dijon ; Besançon ; 2017-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut national de la recherche agronomique (France). Centre d'économie et sociologie appliquées à l'agriculture et aux espaces ruraux (Dijon)
Jury : Président / Présidente : Virgílio Borges Pereira
Examinateurs / Examinatrices : Nicolas Renahy, Ivan Bruneau, Anne Bory, Muriel Surdez, Florence Weber, Stéphane Latté
Rapporteurs / Rapporteuses : Anne Bory, Muriel Surdez
DOI : 10.70675/cebfbe4bzdadcz46a3zbd8ezf15e48b7843f

Résumé

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Cette thèse vise à comprendre la genèse de la condition ouvrière frontalière en Suisse, à réinscrire ce projet migratoire dans des trajectoires collectives, resituées dans un espace local et appréhendées sur le temps long, et à éclairer les recompositions des classes populaires produites par ces migrations dans les mondes ruraux désindustrialisés.L’enquête repose sur une enquête ethnographique menée auprès de travailleurs subalternes de l’industrie devenus frontaliers, majoritairement des hommes, dans plusieurs configurations sociospatiales, au sein de mondes ruraux désindustrialisés proches de la frontière suisse. Cette recherche s’appuie sur des entretiens ethnographiques et des observations, ainsi que sur l’exploitation de données statistiques localisées et d’archives.Ce travail différencie d’abord plusieurs espaces sociaux locaux, proches ou éloignés de la Suisse, et décrit les différentes populations frontalières qui y vivent. Loin de la Suisse, dans les « marges », l’essor récent de migrations frontalières de travail est indissociable de la désindustrialisation et résulte de projets migratoires construits au travail. Ceux-ci sont néanmoins incertains et inégalement accessibles aux ouvrier·es. À l’inverse, près de la frontière, les familles autochtones présentent des socialisations frontalières plus élaborées, constitutives d’un capital d’autochtonie spécifique. Enfin, à partir d’une scène populaire « hors travail » tenue par des descendant·es de l’immigration portugaise, ce travail cherche à redéfinir relationnellement le statut social de « frontalier ». En comparant ce nouveau modèle de réussite à d’autres positions concurrentes, cette enquête met en évidence la manière dont ceux qui l’adoptent parviennent à justifier leur enrichissement relatif et à se (re)construire une légitimité populaire.