Thèse soutenue

Vers une reconnaissance dans les processus collaboratifs : éléments pour une éthique de la facilitation

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Valentine Levacque
Direction : Jean-Philippe PierronCécile Renouard
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 13/01/2026
Etablissement(s) : Dijon, Université Bourgogne Europe
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps (Dijon ; Besançon ; 2017-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Interdisciplinaire de Recherches « Sociétés, Sensibilités, Soin » (Dijon)
Jury : Président / Présidente : Pierre Ancet
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Philippe Pierron, Cécile Renouard, Caroline Verzat, Ghislain Deslandes, Christine Noël-Lemaitre
Rapporteurs / Rapporteuses : Caroline Verzat, Ghislain Deslandes
DOI : 10.70675/b95cf7cdz10a0z4f6ez9723zf2861490b32f

Résumé

FR  |  
EN

Cette recherche doctorale menée en CIFRE trouve son origine dans le questionnement de facilitateurs professionnels : à quoi contribue leur métier ? A partir d’observations de terrain, cette thèse est une enquête philosophique sur la facilitation de processus collaboratifs, outil de gestion dans les organisations contemporaines. Elle interroge la capacité de la facilitation à transformer les dynamiques d’interaction humaine vers une éthique de la reconnaissance, tout en tenant compte des logiques de pouvoir et des impératifs économiques des organisations. Cette approche permet d’analyser la facilitation en pratique pour en dégager ses enjeux éthiques : dans quelle mesure la facilitation peut-elle prétendre soutenir une politique de reconnaissance dans les processus collaboratifs ? Quels sont les risques, les limites, voire les contradictions d’une telle ambition au regard des impératifs d’efficacité économique et des asymétries structurelles qui traversent les organisations ? La thèse est structurée en trois mouvements principaux. Le premier mouvement retrace l'émergence et le développement de la facilitation et présente les problèmes liés à l’institutionnalisation de la pratique, la facilitation peut être instrumentalisée au détriment d’une pratique éthique. Le deuxième mouvement aborde la facilitation en tant que concept théorique. Il postule que l'interaction est le moteur de la facilitation, où les individus confrontent leur identité à travers des échanges facilités. En s'appuyant sur les travaux de Paul Ricœur, ce mouvement explore la dialectique identité-altérité à partir de la vulnérabilité, montrant à quelles conditions la facilitation crée une nouvelle dimension de la moralité en tant que posture éthique. Il examine également les conditions optimales d'échanges dans les ateliers facilités, en s'inspirant de l'éthique de la discussion de Jürgen Habermas. La facilitation est présentée comme un acte éthique favorisant la reconnaissance, tout en identifiant les limites pratiques de cette approche. Le dernier mouvement propose de penser la facilitation en tant que dispositif éthico-politique qui poursuit telle ou telle finalité. Nous détaillons deux finalités : l'utilité et la reconnaissance. La facilitation se pratique pour optimiser les échanges et maximiser l'utilité des interactions mais elle peut aussi permettre une reconnaissance dans les processus collaboratifs, prenant en compte les différentes communautés morales affectées par les prises de décisions. En somme, cette thèse montre que la facilitation est un dispositif éthico-politique polyvalent dont l’éthique dépend des finalités poursuivies et des contextes institutionnels ; elle développe les conditions d’une reconnaissance authentique ; et enfin, elle ouvre la voie à une réflexion sur le rôle des organisations dans la construction d’une société plus juste et durable.