Thèse soutenue

Physiopathologie et épidémiologie des arthroses de hanche et des doigts – Approche intégrative du vieillissement musculosquelettique

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Auteur / Autrice : Maxime Auroux
Direction : Roland D. Chapurlat
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biomécanique
Date : Soutenance le 29/06/2026
Etablissement(s) : Lyon 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Mécanique, Energétique, Génie Civil, Acoustique (Villeurbanne ; 1993-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Physiopathologie, diagnostic et traitements des maladies musculo-squelettiques (2011 ; Lyon)
Jury : Président / Présidente : Anne-Christine Rat
Examinateurs / Examinatrices : Roland D. Chapurlat, Francis Berenbaum, Augustin Latourte, Alice Courties, Jean-Baptiste Pialat, Florence Apparailly, Carole Bougault
Rapporteurs / Rapporteuses : Francis Berenbaum, Augustin Latourte
DOI : 10.70675/10585ba4z7035z4ec5z9929z28d8fe888911

Résumé

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L’arthrose est la pathologie articulaire la plus fréquente et l’une des premières causes de douleur et de handicap chez le sujet âgé. Longtemps considérée comme une affection purement cartilagineuse liée à l’usure, elle est désormais reconnue comme une maladie globale de l’articulation voire systémique, intégrant cartilage, os sous-chondral, membrane synoviale, muscle périarticulaire et tissu adipeux ainsi que des interactions avec d’autres organes. Le vieillissement constitue un déterminant central dans sa physiopathologie. Dans ce contexte, l’arthrose apparaît non seulement comme une maladie dégénérative locale, mais aussi comme un marqueur d’un vieillissement musculosquelettique et systémique plus global. Dans une approche centrée sur l’interface os–cartilage, nous avons étudié les déterminants osseux de la coxarthrose dans la cohorte prospective QUALYOR. Chez 1 537 femmes ménopausées explorées par DXA, QCT et HR-pQCT, la coxarthrose était associée à des modifications spécifiques de la géométrie et de la microarchitecture osseuses : densité trabéculaire volumique diminuée à la hanche, volume du col fémoral augmenté et résistance accrue à la flexion, suggérant un remodelage adaptatif sous-chondral et périarticulaire. Des altérations trabéculaires périphériques (radius, tibia), sans modification corticale majeure, renforcent l’hypothèse d’un phénotype osseux spécifique, soulignant le rôle clé de l’os au-delà du cartilage. Nous avons ensuite exploré l’hétérogénéité phénotypique de l’arthrose digitale, notamment sa forme érosive, via les microARNs. Parmi 768 microARNs circulants analysés, un profil différentiel a été identifié entre formes érosives, non érosives et témoins. Après validation, la diminution de miR-196-5p est apparue significative. Les données suggèrent son implication dans l’homéostasie du chondrocyte, notamment via HOXC8, établissant un lien entre dérégulation épigénétique, dysfonction chondrocytaire et phénotype érosif. Ces résultats ouvrent des perspectives en termes de biomarqueurs et de cibles moléculaires. Sur le plan épidémiologique, nous avons étudié les interactions entre arthrose, ostéoporose et sarcopénie. Dans QUALYOR, la coxarthrose était associée à un risque multiplié par 1,5 de première fracture ostéoporotique, indépendamment de l’âge, des performances musculaires et de la microarchitecture osseuse avec une perte osseuse plus marquée à la hanche chez les patientes arthrosiques qui fracturent. L’arthrose digitale érosive était associée à un risque fracturaire doublé, sans médiation par une perte osseuse accélérée. Par ailleurs, les patientes arthrosiques présentaient plus fréquemment une sarcopénie, soutenant un continuum de vulnérabilité musculosquelettique intégrant arthrose, ostéoporose et sarcopénie. Dans une approche plus globale, nous avons exploré le lien entre arthrose et vieillissement cardiovasculaire. Chez 816 hommes âgés, la présence d’une prothèse articulaire pour arthrose était associée à un risque triplé d’événements cardiovasculaires majeurs et à un risque presque sextuplé d’AVC, indépendamment des facteurs de risque classiques. Cette association n’était pas observée pour d’autres chirurgies électives, suggérant un lien spécifique avec l’arthrose sévère. Les mécanismes restent à préciser. Ces travaux soutiennent une vision intégrative de l’arthrose comme composante du vieillissement musculosquelettique et systémique, à l’interface de l’os, du cartilage, du muscle et d’autres organes, dépassant la simple prise en charge symptomatique qui devrait conduire les cliniciens à une évaluation globale des risques fracturaire et cardiovasculaire notamment chez les patients arthrosique. L’arthrose peut ainsi être envisagée comme un marqueur clinique du vieillissement et un point d’entrée pour une médecine intégrative du vieillissement.