Thèse soutenue

Développement de méthode pour la caractérisation de la résistance et de la virulence de bactéries issues d’hémocultures par spectrométrie de masse couplée à la chromatographie liquide

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Auteur / Autrice : Pierre L'Aour-Dufour
Direction : François VandeneschJérôme Lemoine
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Microbiologie
Date : Soutenance le 04/02/2026
Etablissement(s) : Lyon 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Evolution Ecosystèmes Microbiologie Modélisation (Lyon ; 1999-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre international de recherche en infectiologie (Lyon ; 2013-....)
Jury : Président / Présidente : Karen Moreau
Examinateurs / Examinatrices : François Vandenesch, Jérôme Lemoine, Sandrine Boisset, Katy Jeannot, Jacques Schrenzel
Rapporteurs / Rapporteuses : Sandrine Boisset, Katy Jeannot, Jacques Schrenzel
DOI : 10.70675/c3b6daadz3c0cz45c2zb48bzff0e723634e0

Résumé

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Cette thèse s’inscrit à l’interface de la microbiologie clinique, de la chimie analytique et de la protéomique, et vise à améliorer le diagnostic des infections bactériennes par le développement de méthodes innovantes de détection rapide de la résistance aux antibiotiques. Elle repose sur l’utilisation de la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS), permettant d’accéder directement au phénotype bactérien à partir d’hémocultures positives, dans une perspective de recherche translationnelle. Les méthodes conventionnelles de microbiologie, fondées sur la culture et l’antibiogramme, nécessitent des délais de 24 à 72 heures, retardant la mise en place d’un traitement adapté et favorisant l’usage d’antibiothérapies probabilistes à large spectre. Les approches moléculaires, bien que rapides, restent limitées par leur incapacité à refléter fidèlement l’expression des mécanismes de résistance. Dans ce contexte, la protéomique constitue une alternative prometteuse, en permettant l’analyse directe des protéines effectivement exprimées par les bactéries. Les travaux ont initialement porté sur l’étude de protéines membranaires impliquées dans la résistance aux antibiotiques chez Pseudomonas aeruginosa, pathogène opportuniste majeur en milieu hospitalier. Une attention particulière a été accordée à la porine OprD, dont l’altération est associée à une résistance aux carbapénèmes. L’optimisation de la préparation des échantillons issus d’hémocultures a constitué un axe central du travail, afin d’isoler efficacement les bactéries tout en préservant leur profil protéique dans une matrice biologique complexe. Dans un second temps, les travaux se sont orientés vers le développement de stratégies analytiques plus globales, permettant la détection simultanée de multiples protéines. L’introduction de méthodes d’acquisition de données de type DIA (Data Independent Acquisition) a permis d’améliorer la couverture protéique et la robustesse des analyses. Des développements méthodologiques ont également été réalisés pour optimiser la construction de bibliothèques spectrales et limiter les faux positifs, éléments clés pour une application en microbiologie clinique. Les résultats obtenus démontrent la faisabilité d’une caractérisation protéomique de la résistance bactérienne directement à partir d’hémocultures positives. Ils mettent en évidence le potentiel de la LC-MS comme outil diagnostique innovant, capable de fournir des informations rapides et pertinentes sur le profil de résistance. Toutefois, plusieurs défis subsistent, notamment en termes de variabilité biologique, de complexité des échantillons, ainsi que de robustesse et d’automatisation des méthodes. Cette thèse illustre ainsi les enjeux de la recherche translationnelle en microbiologie, nécessitant de concilier rigueur analytique et contraintes cliniques. À terme, l’intégration de la protéomique dans les pratiques hospitalières pourrait permettre une meilleure prise en charge des infections bactériennes, en facilitant une adaptation plus rapide et plus précise des traitements antibiotiques.