Thèse soutenue

Métabolisme français des plastiques : entre résistance des matières et des acteurs et promesse de circularité

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Auteur / Autrice : Jeanne Perez
Direction : Mathieu DurandFabienne Lagarde
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie
Date : Soutenance le 12/01/2026
Etablissement(s) : Le Mans
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sociétés, temps, territoires (Angers)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Espaces et sociétés (Le Mans) - Espaces et Sociétés / ESO
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Sabine Barles, Laurence Rocher, Marie-France Dignac, Baptiste Monsaingeon
Rapporteurs / Rapporteuses : Sabine Barles, Laurence Rocher
DOI : 10.70675/1a9ec4e6zdcb4z43c1z95e6z043e656b6ed9

Résumé

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Les plastiques sont au cœur des sociétés contemporaines par leur omniprésence quotidienne dans les activités de production et de consommation. Utilisé dans de nombreux secteurs d’activités industrielles depuis le début du 20e siècle, ce matériau synthétique est devenu indispensable tant pour ses propriétés de flexibilité, d’hygiène, que pour sa résistance et sa persistance dans le temps. À ce jour, plus de 5 300 formulations de plastiques sont disponibles sur le marché (Fini, 2021), ce qui rend la gestion de ces futurs déchets particulièrement complexe. Chaque type de plastique nécessite des méthodes de traitement spécifiques, dont certaines sont encore en phase de développement et de recherche. En 2021, seuls 9 % des plastiques produits dans le monde sont recyclés, les autres sont enfouis, incinérés ou non gérés (OCDE, 2022). Ils représentent une matière ambivalente, à la fois incontournable et source de pollutions des écosystèmes et des corps. En France, face à une gestion tardive et fragmentée des plastiques, la loi AGEC de 2020 marque un tournant vers une économie dite « circulaire ». Cependant, peuvent-ils réellement faire l’objet d’une gestion circulaire ? Que nous apprennent les circulations de flux plastiques à l’échelle française ? Comment les acteurs réagissent-ils et évoluent-ils face à ce nouveau contexte de circularité ? Pour répondre à ces questionnements, nous proposons une réflexion interdisciplinaire sur les (re)structurations des flux plastiques français. Le métabolisme territorial est mobilisé comme cadre théorique et méthodologique afin d’apprécier finement l’empreinte matérielle du territoire français et, plus largement, son régime socio-écologique. Au travers d’une approche à la fois quantitative et qualitative, l’étude s’appuie particulièrement sur deux écoles de pensée, la Political Industrial Ecology (PIE) et l’Écologie Territoriale (ET). Cela permet de comptabiliser et de suivre les circulations et les transformations de ces flux. L’analyse de la gouvernance des flux est également centrale pour appréhender les jeux d’acteurs. La matière plastique est ainsi appréciée comme un objet d’étude géographique, à la fois matériel (compositions chimiques, flux, pollution) et social (acteurs, pouvoirs, territoires).Cette étude métabolique démontre que les circulations des flux plastiques sont complexes et dépendantes d’un système d’acteurs multiples. Ces circulations révèlent plus qu’un cheminement d’un point A à un point B : elles éclairent l’ambition performative de la circularité des plastiques. L’injonction et la promesse de « circulariser » les flux plastiques a donné naissance à des pratiques, des discours et des visions inédites, qui influencent les transformations possibles des filières et renforcent les résistances de ce système sociotechnique.