Thèse soutenue

Evolution radiale du vent solaire et dynamiques de la nappe de courant héliosphérique : observations d'un alignement radial Parker Solar Probe - Solar Orbiter et simulations hybrides de reconnexion magnétique

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Auteur / Autrice : Étienne Berriot
Direction : Olga AlexandrovaPascal Demoulin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Astronomie et astrophysiquee
Date : Soutenance le 01/12/2025
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Astronomie et astrophysique d'Île-de-France (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d’instrumentation et de recherche en astrophysique (Meudon ; 2025-....)
établissement opérateur d'inscription : Observatoire de Paris (1667-....)
Jury : Président / Présidente : Fabrice Mottez
Examinateurs / Examinatrices : Olga Alexandrova, Pascal Demoulin, Marco Velli, Benoît Lavraud, Lorenzo Matteini, Miho Janvier
Rapporteurs / Rapporteuses : Marco Velli, Benoît Lavraud
DOI : 10.70675/88e275c4z7373z4c39za0b3ze22766c925b1

Mots clés

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Résumé

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La haute atmosphère du Soleil émet continuellement un plasma chaud et magnétisé appelé vent solaire. Dans le milieu interplanétaire, les polarités magnétiques à grande échelle du Soleil donnent alors naissance à différents secteurs séparés par une fine couche: la nappe de courant héliosphérique (HCS). Les nappes (ou couches) de courant sont des structures plasma définies par un important cisaillement du champ magnétique, et sont des endroits où les effets non-idéaux de magnétohydrodynamique peuvent devenir suffisamment forts pour déclencher un réarrangement soudain de la topologie magnétique par un processus nommé reconnexion magnétique. Ce phénomène est abrupt et accompagné d’une conversion significative d’énergie magnétique en chauffage et en accélération du plasma sous forme de jets. Plusieurs reconnexions peuvent être provoqués le long d’une nappe de courant par l’instabilité de tearing (déchirement).La reconnexion magnétique est un processus fondamental de la physique des plasma, cependant, sa dynamique et son fonctionnement restent à être mieux compris. D’autre part, de multiples missions spatiales fournissent des mesures in-situ du vent solaire depuis plus de 60 ans, en faisant un parfait laboratoire de physique des plasmas, et l’un des plasmas astrophysiques les mieux documentés avec la magnétosphère terrestre. Malgré une telle attention, il reste de nombreuses questions en suspend concernant le vent solaire et son évolution dans l’héliosphère. Le but de cette thèse est l’étude de l’évolution radiale du vent solaire, et de la dynamique de la reconnexion magnétique dans le contexte d’un plasma faiblement collisionnel.La manière la plus commune dont sont menées les recherches sur l’évolution à grande échelle du vent solaire est par l’intermédiaire d’étude statistiques. Une autre méthode moins courante, et constituant le premier point principal de cette thèse, est de tirer parti de configurations pour lesquelles deux sondes sont radialement alignés par rapport au Soleil, permettant ainsi l’étude d’une même parcelle de plasma passant par celles-ci. En particulier, nous menons une étude de cas pour un alignement entre deux sondes spatiales récemment lancés: Parker Solar Probe (PSP) et Solar Orbiter (SolO). Pour cette configuration, PSP et SolO étaient respectivement situés à 0.1 et 0.9 ua du Soleil. Nous avons développé une méthode de propagation ballistique qui nous a permis d’identifier une même structure de densité passant par les deux sondes. Cette structure est restée remarquablement bien conservée durant sa propagation de 138 h. Il s’avère aussi que la structure de densité identifiée est étroitement liée à la frontière entre les secteurs magnétiques et à l'HCS. Les deux sondes ont de plus mesuré des signatures de reconnexion magnétique à petite échelle autour de l'HCS. Nous proposons finalement deux scénari pour la génération de la structure de densité, l’un basé sur la reconnexion d’interchange, et l’autre sur l’instabilité de tearing.L’étude de l’instabilité de tearing dans une nappe de courant par des simulations hydrides-PIC est le second point principal de cette thèse. Cette étude a été motivée par les observations de l'HCS, présentant une structuration et une évolution intrinsèquement liées à la reconnexion magnétique. La dynamique globale de l’instabilité de tearing, ainsi que sa transition du stade linéaire au non-linéaire sont décris. Nous quantifions l’évolution des taux de conversion d’énergie dans le domaine entier, ainsi qu’autour de différentes régions de la nappe de courant instable. Par ailleurs, une anisotropie due à une température plus élevée dans la direction parallèle que dans celle transverse au champ magnétique local, ainsi que des signatures de l’instabilité firehose cinétique sont observées. Nous étudions ensuite l’intéraction entre la reconnexion magnétique induite par l’instabilité de tearing et l’instabilité firehose, ainsi que leurs effets sur la conversion d’énergie dans le plasma.