Thèse soutenue

Approche d'imagerie TEP/TDM multi-traceurs pour la caractérisation des interactions virus/hôte/médicament dans un modèle primate non-humain d'infection par le SIV

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Auteur / Autrice : Andréa Mialet
Direction : Roger Le GrandCatherine ChaponThibaut Naninck
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Immunologie
Date : Soutenance le 18/03/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Innovation thérapeutique : du fondamental à l'appliqué
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Immunologie des maladies virales, auto-immunes, hématologiques et bactériennes (Fontenay-aux-Roses, Hautes-de-Seine ; 2015-....)
Référent : Faculté de pharmacie
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Santé et médicament (2020-....)
Jury : Président / Présidente : Nicolas Tournier
Examinateurs / Examinatrices : Vincent Parissi, Philippe Garrigue, Michaela Müller-Turtwin
Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Parissi, Philippe Garrigue
DOI : 10.70675/1d61fac7zcb32z4cfbzbfc0z2a7891a0609e

Résumé

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Les principaux défis scientifiques pour obtenir une rémission du VIH chez les patients sont le contrôle précoce des réservoirs viraux, la limitation des sanctuaires pharmacologiques et de la réplication résiduelle. La présence de sanctuaires pharmacologiques pourrait expliquer la persistance de réservoirs viraux que les traitements antirétroviraux combinés (cART) ne parviennent pas à éradiquer. Nous avons donc cherché à mieux comprendre la distribution des molécules antirétrovirales et leur capacité à atteindre les réservoirs viraux potentiels en utilisant l'imagerie in vivo à l'échelle du corps entier. Le but de notre étude est de développer une approche d'imagerie TEP/TDM multi-traceurs (Tomographie par Emission de Positons associée à la Tomodensitométrie à rayons X) pour i) évaluer la distribution tissulaire du dolutégravir, une molécule antirétrovirale, au cours de l'infection et/ou du traitement et ii) caractériser la distribution du SIV chez des macaques infectés.Nous avons évalué, dans une première partie, l'impact de l'infection par le SIV et de l'administration sous-cutanée quotidienne d'un traitement cART, d'abord sur l'hypermétabolisme du glucose par imagerie TEP/TDM du [¹⁸F]FDG, puis sur la distribution du Dolutegravir (DTG), un inhibiteur de transfert de brin d'intégrase de deuxième génération, radiomarqué au Fluor 18 ([¹⁸F]DTG), dans les organes lymphoïdes secondaires par imagerie TEP/TDM chez trois groupes de macaques cynomolgus infectés par le SIV et/ou traités par cART, suivis pendant 6 mois. Nous avons caractérisé longitudinalement, dans une seconde partie, la distribution du SIV avec deux immunoradiotraceurs, le [⁸⁹Zr]p7D3 et le [⁸⁹Zr]F(ab')₂p7D3, ciblant la glycoprotéine Env virale (gp120), dans les mêmes organes, chez deux groupes de macaques cynomolgus suivis pendant 9 mois après. Pour les deux parties, la charge virale dans le plasma a été suivie au cours de l'infection et des analyses ex vivo ont été effectuées sur des échantillons de sang et de tissus prélevés.Nous avons montré que l'infection par le SIV entraînait une augmentation de la fixation du [¹⁸F]FDG dans les organes lymphoïdes secondaires un mois après l'infection par rapport aux niveaux de pré-infection, alors que l'initiation d'un traitement quotidien par cART tendait à diminuer le niveau d'hypermétabolisme du glucose chez ces animaux infectés. Parallèlement, un mois après l'infection par le VIS, nous avons observé une augmentation significative de la fixation moyenne du [¹⁸F]DTG dans les ganglions lymphatiques inguinaux par rapport aux valeurs de base. Le traitement par cART chez les macaques infectés et non infectés n'a pas modifié de manière significative la distribution du [¹⁸F]DTG dans les organes lymphoïdes secondaires. De plus, nous avons observé une légère augmentation de la fixation du [⁸⁹Zr]p7D3 dans les ganglions lymphatiques chez les animaux infectés par rapport aux animaux non infectés, mais aucune différence significative n'a été observée pour la fixation du [⁸⁹Zr]F(ab')₂p7D3 dans les organes lymphoïdes secondaires entre les animaux infectés et non infectés. Nous avons confirmé la présence d'ARN et d'ADN du SIV dans ces organes lymphoïdes secondaires par hybridation in situ et analyses qPCR.En conclusion, nous avons remarqué que l'infection par le SIV entraînait une inflammation dans les organes lymphoïdes secondaires un mois après l'infection, tandis que la fixation du [¹⁸F]DTG augmentait dans certains de ces organes. Le traitement quotidien par cART n'a pas influencé le niveau moyen de fixation du [¹⁸F]DTG dans les organes lymphoïdes secondaires. Dans l'ensemble, nous n'avons pas identifié la présence de sanctuaires pharmacologiques pour le [¹⁸F]DTG dans les organes lymphoïdes secondaires étudiés, où la présence du virus a été confirmée par analyses ex vivo.