Thèse soutenue

Evaluation des politiques de tarification du carbone : équité sociale, coûts économiques et mécanismes mondiaux

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Auteur / Autrice : Raphaël Semet
Direction : Claire LoupiasThierry Roncalli
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 24/06/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Droit, économie, management (Sceaux, Hauts-de-Seine, France ; 2020-2026)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'étude des politiques économiques de l'Université d'Évry
Référent : Université d'Évry-Val-d'Essonne (1991-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Économie & management (2020-….)
Jury : Président / Présidente : Mireille Chiroleu-Assouline
Examinateurs / Examinatrices : Anna Creti, Marc Baudry, Patricia Crifo, Jean de Beir
Rapporteurs / Rapporteuses : Anna Creti, Marc Baudry
DOI : 10.70675/afe11753zfc83z4a10zb385z2772093f26f8

Résumé

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En utilisant les données de l'Enquête Budget de Famille de 2017 et un modèle d'entrées-sorties multirégional, j'examine dans le premier chapitre la répartition de l'empreinte carbone des ménages français. Des modèles multivariés imbriqués et des techniques de régression quantile sont employés pour analyser comment les caractéristiques socio-économiques des ménages et leurs choix influencent leurs émissions carbones au-delà du seul effet revenu. Les régressions révèlent que les caractéristiques des ménages et plusieurs décisions de consommation ont une influence importante sur l'empreinte carbone, bien que leur importance diffère en fonction des niveaux et des sources d'émissions. Dans le deuxième chapitre, je me concentre sur la mise en œuvre d'une taxe carbone en France. L'étude examine le compromis entre réduction des émissions et maintien de l'équité sociale dans différents scénarios de recyclage. Bien que des transferts forfaitaires distribués de manière égale entre les ménages puissent sembler être une solution viable, mon analyse montre qu'un tel système peut provoquer une résurgence des émissions chez les ménages surcompensés, annulant ainsi une partie des gains environnementaux initiaux. Je propose donc trois scénarios alternatifs : un scénario vertical ciblant les ménages à faibles revenus, un scénario horizontal axé sur les ménages vulnérables et un scénario mixte combinant les deux aspects. Le scénario vertical améliore efficacement la situation des ménages les plus affectés sans compromettre la réduction des émissions. Les scénarios horizontal et mixte, bien que plus coûteux, parviennent à réduire la dispersion globale du fardeau de la taxe sans entraîner de hausse des émissions. L'adaptation des politiques à des ménages particuliers peut, en principe, surmonter le compromis, mais l'optimisation du recyclage en tenant simultanément compte des inégalités verticales et horizontales pourrait s'avérer impraticable au-delà de ces modèles. Dans le troisième chapitre, nous entreprenons une analyse des répercussions économiques des taxes carbone sur la chaîne de valeur mondiale. En nous appuyant sur le cadre des modèles d'entrées-sorties, nous intégrons des mécanismes de transmission hétérogènes dans le modèle de prix, permettant aux entreprises de répercuter le coût du carbone. Nos simulations montrent qu'une taxe carbone de 100 dollar pourrait générer d'importantes recettes, bien qu'elle soit partiellement compensée par un coût net et des pressions inflationnistes. Les résultats suggèrent qu'en pratique, la taxe carbone est moins efficace que ne le prédit le principe du pollueur-payeur. On observe un fort déséquilibre dans la répartition des coûts et des responsabilités parmi les principaux émetteurs : les économies émergentes supportent des fardeaux plus élevés que les économies développées. Nous enrichissons ensuite l'analyse en fusionnant des données sectorielles avec des données financières, permettant ainsi l'évaluation les coûts de la transition. La disparité dans le partage des coûts est confirmée à cet échelle, où les secteurs à forte intensité carbone bénéficient d'une hausse des revenus au détriment des industries aval moins carbonées. Dans le dernier chapitre, j'étends le cadre de modélisation pour étudier le MACF de l'UE. Plus précisément, j'implémente un modèle de tarification fondé sur les marges, calibré à partir de données empiriques, afin d'estimer la manière dont les coûts se répercutent le long de la chaîne de valeur. Cette approche permet d'analyser l'impact de la politique sur le partage des coûts et la formation de rentes économiques des producteurs. Les résultats indiquent que l'efficacité du MACF ne dépend pas seulement de la couverture ou du prix du carbone, mais surtout des choix méthodologiques retenus pour le calcul des coûts de conformité. Ces choix peuvent modifier l'incidence des coûts, accentuer les asymétries distributives et remettre en cause la crédibilité environnementale du MACF.