Thèse soutenue

Algorithmes d'IA pour la spectrométrie gamma dédiée à la mesure de terrain

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Auteur / Autrice : Dinh Triem Phan
Direction : Jérôme BobinChristophe Bobin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences du traitement du signal et des images
Date : Soutenance le 14/10/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences et technologies de l'information et de la communication (Orsay, Essonne ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Département d'Électronique, des détecteurs et d'informatique pour la physique (Gif-sur-Yvette, Essonne ; 2017-....)
Référent : Université Paris-Saclay. Faculté des sciences d’Orsay (Essonne ; 2020-....)
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Informatique et sciences du numérique (2020-….)
Jury : Président / Présidente : Cédric Richard
Examinateurs / Examinatrices : Jocelyn Chanussot, Marie Chabert, Jérôme Gauthier, Abdelmjid Nourreddine, Rodolfo Gurriaran
Rapporteurs / Rapporteuses : Jocelyn Chanussot, Marie Chabert
DOI : 10.70675/0ac02e4az7b72z454cza77bzcaecd9cadcab

Résumé

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La spectrométrie gamma est une technique classique pour identifier et quantifier les radionucléides émetteurs de photons γ dans de nombreuses applications en physique nucléaire, telles que la détection rapide du trafic illicite de matières nucléaires, le démantèlement des installations nucléaires et la surveillance environnementale in situ à la suite d'un incident radiologique ou nucléaire. Pour ces applications, il existe une forte demande pour des outils d'analyse automatique pouvant être utilisés par du personnel non expert et permettant également une prise de décision robuste dans des conditions de mesures de courte durée (c'est-à-dire à faible statistique). Par ailleurs, les mesures effectuées dans des environnements complexes peuvent entraîner une variabilité de la forme des spectres γ en raison de phénomènes physiques tels que l'atténuation, la diffusion Compton et la fluorescence résultant des interactions des photons γ dans l'environnement entre la source radioactive et le détecteur. Pour répondre à ces enjeux, cette thèse propose une approche hybride qui combine l'apprentissage automatique et les méthodes statistiques afin de prendre en compte de manière plus précise les propriétés physiques du processus de mesure. Au cœur de cette approche est ''Interpolating Autoencoder'' (IAE), un modèle d'apprentissage automatique conçu pour capturer la variabilité spectrale. L'IAE est évalué à l'aide de simulations rayonnement-matière avec le code Geant4 dans une géométrie comprenant une source ponctuelle située dans une sphère pour le détecteur NaI(Tl). Deux types de modèles IAE sont considérés: un modèle individuel, qui apprend la variabilité spectrale indépendamment pour chaque radionucléide et un modèle conjoint, qui capture les corrélations dans la variabilité spectrale de tous les radionucléides. L'IAE modélise les signatures spectrales - qui représentent la réponse du détecteur aux émissions de photons γ - comme une fonction d'une variable latente unidimensionnelle λ. En se basant sur l'IAE, un nouvel algorithme hybride de démélange spectral pour une analyse sur la totalité du spectre, SEMSUN, est développé pour estimer conjointement les signatures spectrales et le comptage de tous les radionucléides en utilisant le maximum de vraisemblance basé sur la statistique de Poisson des mesures. L'algorithme SEMSUN est ensuite combiné avec une stratégie de sélection de modèle basée sur le test du rapport de vraisemblance pour permettre l'identification automatique des radionucléides. Enfin, pour quantifier l'incertitude de l'estimateur hybride, deux techniques d'inférence bayésienne sont évaluées : l'approximation de Laplace (LA) et ''Markov Chain Monte Carlo'' (MCMC).Les résultats démontrent que les modèles IAE peuvent capturer efficacement la déformation spectrale, même dans des scénarios complexes impliquant jusqu'à 12 radionucléides. L'approche hybride proposée a été comparée aux méthodes d'apprentissage automatique de bout en bout, qui représentent une tendance actuelle en spectrométrie gamma. Les résultats montrent que la méthode hybride est plus performante que les méthodes d'apprentissage automatique de bout en bout dans les tâches d'identification et de quantification. Elle maintient un taux de faux positifs (ou de fausses alarmes) proche de la valeur attendue et offre une capacité de détection supérieure dans des conditions de faible statistique. Les performances de cette approche utilisant des modèles IAE individuels sont légèrement moins précises que celles du modèle IAE conjoint, car elles ne tiennent pas compte des corrélations entre les signatures spectrales des différents radionucléides. Concernant la quantification de l'incertitude, alors que la méthode LA est efficace en termes de temps de calcul, la méthode MCMC offre des résultats plus robustes lorsque les contraintes influencent fortement la distribution, bien qu'à un coût de calcul plus élevé.