Démêlage des populations astrophysiques de signaux d'ondes gravitationnelles et caractérisation de leurs propriétés avec LISA
| Auteur / Autrice : | Senwen Deng |
| Direction : | Stanislav Babak |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Physique de l'univers |
| Date : | Soutenance le 01/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences de la terre et de l'environnement et physique de l'univers (Paris ; 2014-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : AstroParticule et Cosmologie (Paris ; 2005-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Frédérique Marion |
| Examinateurs / Examinatrices : Hubert Halloin, Astrid Lamberts-Marcade | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Frédérique Marion, Alberto Sesana | |
| DOI : | 10.70675/d89eca9bz75e2z426dzb76bz5c8f7961e966 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
La mission Laser Interferometer Space Antenna (LISA) permettra de détecter les ondes gravitationnelles (GW) dans la bande des millihertz, ouvrant une nouvelle fenêtre GW d'observation sur l'Univers. Son flux de données devrait être dominé par des signaux se chevauchant, émis par diverses sources astrophysiques, notamment des binaires de trous noirs massifs (MBHB) en coalescence, des binaires de naines blanches galactiques (GB), des binaires de trous noirs stellaires et des inspirales à rapport de masse extrême (EMRI). Les MBHBs seront les sources les plus brillantes, durant de quelques heures à quelques semaines, avec un rapport signal sur bruit (SNR) principalement accumulé peu avant la fusion. Les GBs, plus nombreuses, seront en grande partie non résolues individuellement, formant un bruit dominant le bruit instrumental dans la bande de LISA. La superposition de ces sources, combinée aux artefacts instrumentaux, rend la séparation des signaux et la caractérisation des sources particulièrement complexes. Cette thèse apporte trois contributions principales. Premièrement, nous introduisons une méthode e¿icace pour détecter précocement les signaux MBHB pré-fusion et prédire avec précision l'instant de leur coalescence, afin d'optimiser le fonctionnement du détecteur et d'en maximiser le rendement scientifique. Cette méthode, validée sur le jeu de données simulé Sangria (nom de code du LISA Data Challenge 2a), permet de détecter les signaux MBHB jusqu'à plusieurs semaines avant la fusion pour les binaires les plus brillantes et les moins massives, tout en prédisant fidèlement leur coalescence. Deuxièmement, nous proposons un cadre probabiliste pour quantifier le risque de contamination des données par des artefacts instrumentaux ou environnementaux (tels que interruptions ou glitches), en contraignant leur fréquence et donc les exigences de conception et d'exploitation de l'instrumentation. Ce cadre évalue aussi la probabilité de chevauchements temporels entre signaux transitoires, qui nécessiteraient un traitement sophistiqué. Nous l'illustrons à l'aide d'artefacts inspirés des données de LISA Pathfinder. Troisièmement, nous développons un prototype de pipeline d'ajustement global pour détecter, séparer et estimer les paramètres des sources GW, même en cas de chevauchement temporel et/ou fréquentiel. Nous commençons par la détection et la reconstruction des signaux MBHB dominants, puis nous utilisons un cadre itératif d'échantillonnage de Gibbs structuré en modules, chacun dédié à un type de source et coordonné avec les autres. Testé sur Sangria, le pipeline démontre sa capacité à traiter des données complexes contenant des signaux se chevauchant fortement. Ces travaux s'inscrivent dans l'effort collectif de la communauté scientifique pour préparer la mission LISA.