Thèse soutenue

Étude des champs magnétiques cosmologiques durant les transitions de phase de l'Univers primordial

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Auteur / Autrice : Théo Boyer
Direction : Andrii NeronovDmitri Semikoz
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique de l'univers
Date : Soutenance le 28/11/2025
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la terre et de l'environnement et physique de l'univers (Paris ; 2014-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : AstroParticule et Cosmologie (Paris ; 2005-....)
Jury : Président / Présidente : Simona Mei
Examinateurs / Examinatrices : Axel Brandenburg
Rapporteurs / Rapporteuses : Antonio Stamerra, Ruth Durrer
DOI : 10.70675/978b29d7z8343z48a4zb651z5bf87da2d5e2

Résumé

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Une classe particulière de champs magnétiques est celle des champs magnétiques intergalactiques (IGMF), qui semblent exister au sein des vastes vides entre les galaxies. Des preuves indirectes de leur existence ont émergé à partir des observations gamma de blazars lointains. Si ces champs s'avèrent primordiaux, ils seraient une fenêtre unique des premiers instants de l'Univers, avant même la recombinaison et la nucléosynthèse primordiale (BBN). Ce manuscrit se concentre sur la magnétogenèse lors des transitions de phase cosmologiques, avec une attention particulière portée à la transition électrofaible (EWPT). Les transitions de phase du premier ordre (FOPT), en particulier, sont des candidates prometteuses pour la magnétogenèse. Elles impliquent la nucléation de bulles, la libération de chaleur latente, et des turbulences, autant de phénomènes capables de générer de la vorticité et d'amorcer la création de champs magnétiques. Ce travail de thèse étudie les transitions de phase dans l'Univers primordial et leur lien avec la génération de champs magnétiques primordiaux. Le Chapitre 3 explore le potentiel d'observation du futur détecteur d'ondes gravitationnelles spatial LISA. En s'appuyant sur les travaux de Roper Pol et al., nous quantifions le signal d'ondes gravitationnelles (GW) produit par les collisions de bulles, les ondes sonores et la turbulence dans le plasma au cours d'une FOPT. La détection de ces signaux peut être cartographiée dans l'espace des paramètres de la transition de phase. Nous estimons également les champs magnétiques associés qui seraient générés lors de ces FOPT, et évaluons s'ils pourraient également être sondés par LISA. Au Chapitre 4, l'attention se porte sur le projet Pulsar Timing Array (PTA), sensible à des fréquences bien plus basses. Les données récentes de différentes collaborations PTA ont suggéré l'existence d'un fond stochastique d'ondes gravitationnelles (SGWB), potentiellement d'origine cosmologique. En supposant que ce fond soit généré par une FOPT, nous déterminons la région de l'espace des paramètres de transition compatible avec le signal observé. Comme précédemment, nous calculons l'intensité attendue et la longueur de corrélation des champs magnétiques associés. Le Chapitre 5 aborde le lien entre les champs magnétiques et l'asymétrie baryonique de l'Univers. Les observations montrent un excès faible mais non nul de matière sur l'antimatière, quantifié par le rapport baryons sur entropie. Certains scénarios impliquant des champs hypermagnétiques avant la EWPT peuvent générer cette asymétrie baryonique. Toutefois, des études récentes affirment que la baryogénèse induite par ces champs engendrerait des perturbations isocourbes baryoniques excessives. Ce travail réexamine ces conclusions et, en incorporant des modèles mis à jour de l'évolution des champs magnétiques, montre que ces contraintes ne seraient pas violées, et que la baryogénèse induite par les champs magnétiques pourrait être compatible avec les contraintes actuelles sur les IGMF. Enfin, le Chapitre 6 étudie la possibilité d'une magnétogenèse durant le crossover électrofaible, en restant dans le cadre du Modèle Standard. Bien que les crossovers ne présentent pas la dynamique violente et hors d'équilibre des FOPT, il a été proposé que des gradients dans le champ de Higgs, résultant des fluctuations thermiques pendant la transition, pourraient agir comme source de champs magnétiques. Ce mécanisme des gradients du Higgs est examiné à l'aide de simulations sur réseau via le code COSMOLATTICE, afin d'évaluer la viabilité de la génération de champs magnétiques en l'absence de FOPT. Un lien peut ainsi être établi entre le scénario de baryogénèse induite par des champs magnétiques et cette magnétogenèse dans un scénario de crossover électrofaible.