Thèse soutenue

Caractérisation de l'émission X des noyaux actifs de galaxies et connexions multi-messagers

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Antoine Foisseau
Direction : Andrea Goldwurm
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique de l'univers
Date : Soutenance le 17/11/2025
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la terre et de l'environnement et physique de l'univers (Paris ; 2014-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : AstroParticule et Cosmologie (Paris ; 2005-....)
Jury : Président / Présidente : Matthias González
Examinateurs / Examinatrices : Maïca Clavel, Jean-Philippe Lenain
Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre-Olivier Petrucci, Elisabeth Jourdain
DOI : 10.70675/afad5fc0z3685z4803zbaefz26343cc4f3c3

Résumé

FR  |  
EN

Les noyaux actifs de galaxies (NAG) comptent parmi les objets les plus énergétiques et complexes de l'univers. Leur nature, longtemps mal comprise, a été clarifiée dans les années 1970-1980 avec l'émergence du modèle unifié. Selon ce modèle, un trou noir supermassif, entouré d'un disque d'accrétion et d'une couronne d'électrons chauds, constitue le moteur central des NAG. L'ensemble est enveloppé d'un tore de poussière pouvant masquer la région centrale selon l'angle de vue. Des nuages de gaz plus éloignés forment des régions à raies larges (BLR) et étroites (NLR), tandis que certains NAG émettent également des jets relativistes, visibles sur l'ensemble du spectre électromagnétique. Au-delà de leur diversité, les NAG sont au cœur de nombreuses questions astrophysiques, notamment leur rôle dans l'évolution des galaxies et leur potentiel en tant que sources accélératrices de rayons cosmiques de haute énergie. Ces derniers, déviés par les champs magnétiques, rendent difficile l'identification de leur source d'origine. Toutefois, les interactions des rayons cosmiques avec leur environnement produisent des neutrinos de haute énergie, qui, étant neutres, pourraient permettre d'identifier leurs sources. Dans ce contexte, l'observatoire IceCube détecte depuis une quinzaine d'années des neutrinos, confirmant leur origine astrophysique et identifiant certains NAG comme sources potentielles, notamment NGC 1068 et TXS 0506+056. Cela souligne l'importance de croiser observations de neutrinos et données électromagnétiques afin de mieux comprendre les mécanismes d'accélération des particules. Dans cette thèse, j'ai étudié l'émission en rayons X de NGC 1068, en utilisant les données de plusieurs satellites (NuSTAR et XMM-Newton) et incluant pour la première fois les données INTEGRAL et Swift/BAT. Mon objectif était de rechercher des signatures d'une éventuelle émission hadronique qui permettrait de confirmer de manière indépendante son existence et de contraindre le mécanisme d'accélération des rayons cosmiques. Les résultats montrent que le spectre est dominé par la réflexion de l'émission de la couronne sur deux types de matériels : l'un ionisé et l'autre neutre. Cette émission est complétée par une émission directe de la couronne sur la ligne de visée, qui, avec la prise en compte des données au delà de 80 keV, semble plus faible en compararaison des études précédentes. Enfin, l'absence d'excès significatif jusqu'à 195 keV, ne permet pas de mettre en évidence la présence d'une contribution significative à haute énergie (potentiellement issue de l'émission hadronique) sans pour autant l'exclure. Une partie importante de mon travail a également porté sur la mission SVOM. J'ai développé un code d'automatisation pour le suivi des alertes neutrinos, testé et validé sur l'étude de l'événement KM3-230213A. Cet événement est la première détection d'un neutrino de ultra haute énergie. Mon code a permis à SVOM de participer à la campagne de suivi électromagnétique; campagne se focalisant sur des blazars comme possible origine de ce neutrino. L'analyse des données SVOM que j'ai effectuée, combinée à celle des autres missions, montre l'absence d'une association statistiquement significative. J'ai aussi contribué à la sélection de cibles pour les observations pointées de SVOM, en identifiant des NAG susceptibles d'être des sources multi-messagers. Enfin, j'ai participé au commissioning du télescope ECLAIRs, en réalisant des tests scientifiques du pipeline d'analyse et en fournissant une première estimation de la précision de localisation des sources. Par ailleurs, j'ai analysé les observations du blazar 1ES 1959+650 réalisées par SVOM et Swift lors d'un épisode de flare détecté en décembre 2024. Cette étude marque la première couverture d'une phase d'outburst de blazar par SVOM. Elle révèle l'absence de signatures claires d'un scénario d'accélération de type Fermi I ou II, suggérant un mécanisme mixte combinant ces deux processus.