Thèse soutenue

Hydrodynamique des rideaux liquides courts pour le dépôt par enduction

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Auteur / Autrice : Fateh Rabehi
Direction : Sandra LerougeMatthieu Roché
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique
Date : Soutenance le 16/09/2025
Etablissement(s) : Université Paris Cité
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Physique en Île-de-France (Paris ; 2014-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire matière et systèmes complexes (Paris ; 2001-....)
Jury : Président / Présidente : Hamid Kellay
Examinateurs / Examinatrices : Catherine Barentin, Bertrand Heurtefeu
Rapporteurs / Rapporteuses : Hamid Kellay, Julien Sebilleau
DOI : 10.70675/d236dc26z76e0z4b40za3b1za18444a7ff2d

Résumé

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Cette étude porte sur l'hydrodynamique des rideaux liquides newtoniens courts en interaction avec un substrat solide stationnaire, générant une condition de stagnation en aval. Ce travail s'inscrit dans un contexte industriel lié aux procédés de revêtement par enduction. Une technique largement utilisée repose sur la formation d'un rideau liquide vertical à travers lequel le substrat se déplace (curtain coating). Cependant, la gamme d'épaisseur accessibles est limitée par la stabilité du rideau ou par l'entraînement d'air entre la couche déposée et la surface du substrat en mouvement. Des développement récents montrent que le dépôt laminaire (ou slot-die coating) est le procédé de dépôt le plus fiable pour dépasser les limitations du dépôt par rideau. Dans ce système, le substrat est placé à une distance de l'ordre de quelques centaines de microns de la filière d'injection (coating die). Cependant, cette configuration peut être problématique pour des substrats rigides et rugueux car elle conduit à des inhomogénéités de dépôt, voire à des risques de collision avec la tête de dépôt. L'objectif de la thèse est d'étudier un régime intermédiaire entre les deux procédés appelé les rideaux courts et de comprendre comment la présence d'un substrat en aval à une distance de l'ordre de quelques millimètres ou de quelques centimètres peut affecter le régime d'écoulement du rideau. Nous avons utilisé la vélocimétrie par images de particules (PIV) pour mesurer le champ de vitesses dans deux plans : le plan (y,z) construit sur la largeur et la hauteur du rideau. Le plan (x,z) construit sur son épaisseur et sa hauteur. Une nouvelle approche expérimentale a été développée pour accéder précisément au champ de vitesse dans l'épaisseur du rideau. Les résultats expérimentaux ont été confrontés à un modèle visco-gravitaire de la littérature. Il a été observé que pour des hauteurs supérieures à 30 mm, le modèle reproduis bien l'évolution du profil de vitesse loin de la sortie de la fente mais échoue à capturer les phénomènes se produisant à proximité de cette dernière. En particulier les effets de mouillage sur les parois latérales due à la tension de surface et la zone de transition d'un écoulement de poiseuille vers un écoulement bouchon. Ces effets deviennent non négligeables pour des hauteurs inférieures à 15 mm. Pour répondre à ces limites, un modèle numérique a été développé, reposant sur la résolution directe des équations de Navier-Stokes. Ce modèle montre un excellent accord avec les mesures expérimentales. Nos résultats révèlent qu'à très faible hauteur de l'ordre de quelques millimètres, l'écoulement devient entièrement gouverné par la condition de stagnation imposée en aval. Dans cette configuration, la gravité devient négligeable et la viscosité et la capillarité sont prédominantes. Ainsi, les modèles existants qui négligent les effets de sortie et de capillarité ne sont plus valides et la modélisation correcte du problème nécessite alors une approche numérique complète, incluant l'ensemble des mécanismes hydrodynamiques présents.