Thèse soutenue

Decrypter les mécanismes pathologiques communs de la cardiomyopathies dilatée causée par des mutations dans les gènes LMNA et DMD par analyse génomique

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Auteur / Autrice : Marie Kervella
Direction : Albano Carlo MeliAntoine Muchir
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Soutenance le 07/03/2025
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Physiologie & médecine expérimentale du cœur et des muscles (Montpellier) - Centre de recherche en myologie (Paris ; 2014-....)
Jury : Président / Présidente : Alain Lacampagne
Examinateurs / Examinatrices : Frédérique Magdinier
Rapporteurs / Rapporteuses : Nolwenn Briand, Francesca Rochais
DOI : 10.70675/a90f1c42z0530z4852z81b2z0e96a3846b44

Résumé

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La dystrophie musculaire de Duchenne et les laminopathies entraînent le développement d’une cardiomyopathie dilatée. Par les caractéristiques communes partagées par les muscles squelettiques et cardiaque, les cardiomyopathies peuvent être associées aux maladies neuromusculaires. Ces deux pathologies, d’origine génétique résultent respectivement de mutations dans les gènes codant la dystrophine (DMD) et les lamines de type A (LMNA), conduisant respectivement à une absence de dystrophine et à une altération des lamines de type A. La cardiomyopathie dilatée est caractérisée principalement par une dilatation du ventricule gauche qui conduit à une réduction de la fonction cardiaque, à une insuffisance cardiaque et à une mort subite des patients. Les mécanismes moléculaires et cellulaires sous-jacents au développement de cette pathologie cardiaque commune, causée par deux mutations distinctes, sont encore flous. De plus, il reste encore à comprendre comment des protéines ayant une localisation cellulaire différente peuvent aboutir à la même pathologie. Nous postulons que l’absence de dystrophine et les lamines de type A mutées perturbent la mechanotransduction lors de la contraction cardiaque, par leur interaction au sein du continuum protéique reliant le milieu extracellulaire au noyau ainsi que par leurs fonctions cellulaires similaires. Cette altération entraînerait un remodelage aberrant de la chromatine en réponse à ces signaux, aboutissant à une expression génique et une signalisation cellulaire perturbées. Nous avons mené une étude comparative pour explorer les mécanismes pathogéniques communs entre la cardiomyopathie dilatée (DCM) causée par des mutations dans les gènes DMD et LMNA. Pour cela, nous avons utilisés des outils translationnels avec les cardiomyocytes dérivés d’hiPSCs et des modèles murins pertinents pour ces deux pathologies. Nous avons démontré des défauts fonctionnels, incluant une dysfonction cardiaque, des défauts morphologiques et une altération des dynamiques calciques. L’analyse génomique nous a permis de mettre en évidence des altérations du positionnement des chromosomes, corrélées avec des changements dans l’accessibilité de la chromatine dans la DMD-DCM in vitro. Les deux mutations entrainent une dérégulation transcriptionnelle associée à des processus biologiques communs tels que la voie de signalisation MAPK, l’organisation de la matrice extracellulaire, la mécanotransduction, ainsi que la mitose. Par la combinaison des modèles in vitro et in vivo, nous avons identifié Loxl2 comme cible thérapeutique prometteuse commune pour prévenir la dysfonction cardiaque dans ces deux pathologies. Cette analyse comparative unique a mis en évidence des processus biologiques dérégulés communs pouvant guider des stratégies thérapeutiques communes telles que l’inhibition de Loxl2. Ces résultats fournissent des informations essentielles sur la complexité de la LMNA- et DMD-DCM, ouvrant la voie à des approches thérapeutiques efficaces et à des traitements communs.