Le conseil départemental à l'épreuve du binôme d'élu·es : contribution à une sociologie des rôles politiques en contexte paritaire
| Auteur / Autrice : | Pauline Chevalier |
| Direction : | Rémi Lefebvre, Nicolas Bué |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Soutenance le 04/07/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre d'études et de recherches administratives politiques et sociales (Lille) |
| Financeur : Université de Lille (2018-2021) | |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Guillaume Marrel, Christine Pina, Sandrine Lévêque |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Christian Le Bart, Marion Paoletti | |
| DOI : | 10.70675/2bef4b6dz974cz40aez92bczf30ff57a953e |
Résumé
Cette thèse pose la question des effets de l’application de la parité sur l’institution ancienne et stabilisée qu’est l’ancien conseil général devenu départemental. La modification du mode de scrutin, en instaurant un binôme d’élu·es sur des cantons redécoupés, mode de scrutin totalement inédit, représente un bouleversement profond du mandat départemental, et renouvelle les questionnements sur le rôle de conseiller·e départemental·e. L’enquête ethnographique menée sur trois départements différents, combinée à une analyse statistique de données nationales, permet de montrer que l’application de la parité et la mise en place des binômes a finalement des effets mineurs sur l’institution départementale, où les routines institutionnelles enracinées résistent au changement. La féminisation modifie à la marge le profil socio-professionnel des élu·es, et maintient les femmes dans une position dominée vis-à-vis des hommes, qui continuent de maîtriser les règles du jeu politique. Le binôme, qui oblige à penser le travail de représentation politique à deux, est finalement peu opérant dans l’organisation du travail politique. Le caractère individuel du travail politique, qui alimente les carrières, entretient le statu quo et l’appui sur les pratiques antérieures, alors que les sortant·es sont encore très présent·es. L’étude du binôme et de la parité permet d’analyser le rôle de conseiller·e départemental·e. Celui-ci apparaît fragilisé par les réformes successives, au-delà de celle du mode de scrutin, et octroie moins de ressources à celles et ceux qui l’endossent. Il reste malgré tout un mandat convoité dans le marché des positions politiques, dans un contexte de limitation de cumul vertical des mandats. C’est là que réside toute l’ambivalence du mandat départemental.