Mesure de la résilience face aux crises mondiales récentes : Analyse comparative des pays de la Méditerranée et des régions françaises métropolitaines et d'outre-mer par la construction des indicateurs composites de résilience multidimensionnelle et de résilience régionale
| Auteur / Autrice : | Moujib Errahman Chahid |
| Direction : | Michel Dimou, Abdelmajid Saidi |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Soutenance le 14/06/2025 |
| Etablissement(s) : | Toulon en cotutelle avec Université Moulay Ismaïl (Meknès, Maroc) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sociétés méditerranéennes et sciences humaines (Toulon ; 2008-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Etablissement d'accueil : Université Moulay Ismaïl (Meknès, Maroc) |
| Laboratoire : Laboratoire d'économie appliquée au développement (Toulon ; 2006-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Alexandra Schaffar |
| Examinateurs / Examinatrices : Abdelilah Baguare, Claude Napoleone, Mohamed Oudgou | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Abdelhak Kamal, Faridah Djellal | |
| DOI : | 10.70675/50df3811zbe14z45f7zb714z7adcd35e6794 |
Mots clés
Résumé
Devant la multiplication des néocontraintes (crises financières, économiques, sanitaires, climatiques, sociales, énergétiques, etc.), les réponses des territoires et des États s'avèrent très contrastées. Ces réponses s’expliquent par leur niveau de résilience. Compte tenu de son rôle important comme bouclier face aux chocs, l’intérêt porté à la résilience est substantiel. Entre « buzzword » du discours politique et la prolifération des papiers scientifiques, cet intérêt monte en crescendo. Nonobstant la divergence de leurs interprétations, tous s’accordent sur l’impératif pressant de son renforcement. Ce renforcement implique une meilleure compréhension de cette notion complexe, multidimensionnelle et pluridisciplinaire. Il requiert également l’établissement d’une situation de référence qui permettra de suivre son évolution dans l’espace et dans le temps, ce qui passe nécessairement par la mesure. La présente recherche ambitionne d’interroger les réponses contrastées des pays de la Méditerranée face aux crises mondiales récentes, notamment celle de la Covid-19. Ce questionnement est mené par la construction de l’indicateur composite de résilience multidimensionnelle (IRM). Celui-ci est construit en adoptant une approche renouvelée et novatrice, aussi bien pour le cadre conceptuel que pour le cadre méthodologique. Dix pays sont concernés pour une fenêtre temporelle de 2015 à 2022. 62 indicateurs amplement supportés par la littérature sont sélectionnés initialement, dont 8 sont abandonnés pour manque de cohérence interne. Les données manquantes sont imputées par Amelia II (EM-MI). Le dataset complet est traité par winsorisation et transformation Box-Cox pour neutraliser les outliers. Les données traitées sont normalisées par Min-max pour les scores initiaux et par Z-score et Borda lors des analyses de sensibilité et d’incertitude. Le dataset normalisé est ensuite agrégé par la méthode géométrique selon une pondération dont les poids sont issus d’une élicitation d’experts internationaux par Budget Allocation Process (BAP). L’IRM affiche une excellente cohérence interne, une faible sensibilité aux hypothèses d’incertitude et une forte robustesse. Les résultats marquent un clivage prononcé en termes de résilience entre les deux rives nord et sud de la Méditerranée. Ce clivage est caractérisé par des niveaux disparitaires de résilience, ce qui explique les réponses contrastées de ces pays face aux mêmes crises. Ce contraste n’est pas anodin. Il met en relief des réalités beaucoup plus profondes entre ces deux groupes de pays. Ce contraste résulterait de deux facteurs déterminants. Le premier concerne le niveau de développement humain, tandis que le deuxième est politique et il s’explique par l’appartenance des « résilients » à l’Union Européenne. Une validation scientifique basée sur la preuve pourrait étudier l’éventuel lien de causalité entre l’IDH et l’IRM, et l’élargissement du champ de l’étude pourrait conduire à des conclusions plus pertinentes sur le rôle des groupements régionaux dans le renforcement de la résilience. Cette recherche doctorale a ensuite changé d’échelle d’analyse pour interroger les réponses différenciées des régions françaises face à la même crise. Cette analyse ambitionne de combler le manque d’exploration dont souffre cet échelon territorial. Pour ce faire, le cadre méthodologique PEOPLES est adopté. Trois indicateurs sont construits : (i) un indicateur de référence, (ii) un indicateur de réponse et (iii) un indicateur de récupération. Ces indicateurs captent les dynamiques des régions étudiées durant les phases clés de la crise, à savoir la phase de pré-crise, la phase de crise et la phase post-crise. Ces trois indicateurs sont agrégés pour donner naissance à l’indicateur de résilience régionale (I2R). Les résultats révèlent des fractures entre les régions françaises, caractérisées par des capacités dissemblables d’absorption et de rebondissement.