Thèse soutenue

Essais en théorie microéconomique appliquée

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Auteur / Autrice : Michele Bisceglia
Direction : Jean TirolePatrick Rey
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance le 26/06/2025
Etablissement(s) : Université Toulouse Capitole
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Toulouse Sciences Économiques
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : TSE-R (Toulouse)
DOI : 10.70675/be81852dz4c76z4b50z9dc9z3a506015f228

Résumé

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Cette thèse contient trois essais en théorie microéconomique appliquée. Elle élabore des cadres analytiques pour approfondir la compréhension de la collusion sur les marchés du travail, des stratégies des plateformes numériques et des investissements socialement responsables, et elle en déduit des implications en matière de politique publique.Le premier chapitre développe une théorie de la collusion en présence de pouvoir de marché du côté du travail. Dans un cadre oligopole-oligopsone, une entreprise doit augmenter ses offres salariales pour recruter davantage de travailleurs et accroître sa production, ce qui réduit ses incitations à dévier d’un accord collusif. Par conséquent, le pouvoir de marché du travail renforce la capacité des firmes à colluder, et la collusion nuit à la fois aux consommateurs et aux travailleurs, soulignant la nécessité pour les autorités de la concurrence de surveiller également les comportements collusifs sur le marché du travail. Toutefois, si seul le collusion salariale est contrôlé, ou si un salaire minimum contraignant est imposé, les entreprises colludent farouchement sur les prix, ce qui se traduit pour les consommateurs par une situation pire que celle d’une collusion non encadrée. Les accords de non-sollicitation et de non-concurrence, qui empêchent une entreprise de débaucher les salariés de ses concurrentes, jouent un rôle de pratiques facilitatrices.Le deuxième chapitre examine si les utilisateurs reçoivent leur juste part dans les écosystèmes numériques. Les fréquentes accusations d’auto‐préférence et de commissions excessives portées contre les gatekeepers dominants posent la question de la norme à laquelle ces plateformes doivent se conformer. Le rôle crucial joué par deux bornes planchers nulles sur la tarification des services centraux et des applications dans la détermination des tarifs optimaux, tant privés que sociaux, justifie la préoccupation pour l’équité vis-à-vis des utilisateurs professionnels. Une simple « règle pigouvienne » pour réguler les conditions d’accès garantit que les utilisateurs professionnels prélèvent la valeur de leur contribution à l’écosystème, favorisant le niveau adéquat d’innovation : elle y parvient en internalisant l’externalité positive non tarifiée (bénéfice accessoire) dont bénéficie une application ayant accès aux consommateurs.Le troisième chapitre analyse l’efficacité de l’investissement socialement responsable comme mécanisme de marché pour contrôler les externalités des entreprises. Lorsque investisseurs responsables et investisseurs à but lucratif interagissent, les premiers ont tendance à se concentrer sur un sous-ensemble d’entreprises de l’économie, en excluant les autres. Cette concentration de capital responsable peut atténuer les problèmes de passager clandestin et de coordination dans l’adoption de technologies vertes, mais elle peut aussi créer un pouvoir de marché produit et évincer les investissements verts des entreprises exclues. Si ces conséquences inattendues prévalent, les investissements verts agrégés et le bien-être sont plus élevés en l’absence d’investisseurs responsables. En équilibre, le capital responsable se concentre au maximum précisément lorsque cette concentration est la moins souhaitable.