Thèse soutenue

Influence du sexe et du genre sur le cancer colorectal : l'incidence comme point de départ des inégalités en santé

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Amalia Martinez
Direction : Sébastien LamyCyrille Delpierre
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Epidémiologie
Date : Soutenance le 12/11/2025
Etablissement(s) : Université de Toulouse (2023-2025)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Biologie Santé Biotechnologies (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'Epidémiologie et de Recherche en santé des Populations de Toulouse (2021-....)
Etablissement de délivrance conjointe : Université de Toulouse (EPE ; 2025-....)
Jury : Président / Présidente : Guy Launoy
Examinateurs / Examinatrices : Agnès Dumas, Côme Lepage
Rapporteurs / Rapporteuses : Carole Clair, Bernard Rachet
DOI : 10.70675/01ee7a78z353dz4075z9723zc15cc25c9889

Résumé

FR  |  
EN

Les inégalités de genre en santé constituent un enjeu majeur de santé publique, influençant les comportements de santé et l'histoire naturelle des maladies. Ces disparités résultent de mécanismes complexes, en partie façonnés par des déterminants sociaux et structurels. Le genre, envisagé comme un système normatif attribuant rôles et statuts en fonction du sexe assigné à la naissance, structure ces dynamiques et contribue aux écarts observés entre les hommes et les femmes face à la maladie.Le cancer colorectal (CRC), l'un des cancers les plus fréquents et une cause majeure de mortalité dans le monde, illustre bien ces enjeux. Bien que son incidence soit globalement plus élevée chez les hommes, l'ampleur de cet écart varie selon les contextes géographiques et socio-économiques. Or, si de nombreuses études ont mis en évidence des différences de survie et de prise en charge entre les sexes, peu ont exploré l'influence du genre sur l'incidence. Notre scoping review confirme cette lacune : la plupart des travaux confondent sexe et genre, rendant l'analyse des mécanismes explicatifs difficile.Cette thèse adopte une approche d'épidémiologie sociale visant à intégrer les dimensions structurelles du genre. L'objectif principal est d'examiner dans quelle mesure les mécanismes de genre influencent les taux d'incidence du CRC à différentes échelles. L'hypothèse centrale est que le cancer colorectal n'est pas une pathologie intrinsèquement liée au sexe attribué à la naissance, et que les écarts d'incidence observés entre les hommes et les femmes résultent principalement de déterminants sociaux et structurels liés au genre.Pour y répondre, la recherche s'appuie sur deux volets complémentaires : (1) une analyse comparative internationale entre le Gender Inequality Index (GII), le PIB par habitant et le sex-ratio du CRC ; et (2) une étude nationale analysant les mécanismes de genre dans la survenue du CRC. En combinant analyses quantitatives et réflexion critique sur les concepts de genre en épidémiologie, cette thèse ambitionne de renouveler l'approche des inégalités en cancérologie. Ces travaux offrent un cadre essentiel pour analyser les inégalités observées dans l'incidence de certaines pathologies, comme le cancer colorectal, en interrogeant non seulement les conditions de vie, mais aussi les mécanismes sociaux, tels que le genre, qui structurent l'exposition au risque.