Thèse soutenue

Sensibilité et culture visuelle dans les illustrations scientifiques du corps humain au XIXe siècle

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Auteur / Autrice : Charlotte Dewarumez
Direction : Jean Nayrolles
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance le 21/11/2025
Etablissement(s) : Université de Toulouse (2023-....)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Établissement délivrant conjointement le doctorat : Université Toulouse - Jean Jaurès (1970-....)
Laboratoire : France, Amériques, Espagne, Sociétés, Pouvoirs, Acteurs (Toulouse ; 1995-....)
Jury : Président / Présidente : Thierry Laugée
Examinateurs / Examinatrices : Philippe Charlier, Laurence Talairach, Laurent Baridon
Rapporteurs / Rapporteuses : Martial Guédron
DOI : 10.70675/12198bddz03c5z4bffz97bfz71325df97749

Résumé

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Alors que les illustrations scientifiques jouent un rôle central dans la construction et la diffusion des savoirs au XIXe siècle, leur dimension esthétique et leur ancrage dans la culture visuelle demeurent relativement peu étudiés. En outre, l’histoire de l’art, pourtant dotée d’outils spécifiques pour analyser les images, a encore peu investi ce champ dominé par l’histoire et la philosophie des sciences. Notre recherche vise à combler ce manque en interrogeant les enjeux esthétiques, sensibles et culturels des illustrations scientifiques du corps humain, dans les ouvrages publiés en français et en anglais depuis la fin du XVIIIe jusqu’au tournant du XXe siècle.En croisant l’analyse visuelle des images avec la lecture des textes, replacés dans leur contexte de production et de circulation, cette thèse souhaite mettre en lumière la persistance de conventions artistiques, de principes esthétiques et d’une dimension sensible au sein de représentations pourtant façonnées par un idéal d’objectivité. Nous défendons l’hypothèse que, dans des disciplines cherchant à comprendre le vivant et la nature humaine, l’art s’inscrit dans les illustrations scientifiques comme vecteur d’une expérience sensible : qu’il s’agisse de montrer la mort ou la maladie, de pénétrer les émotions ou les tempéraments, ou encore d’appréhender l’inconnu.Ce travail participe à démontrer l’utilité des outils de l’histoire de l’art pour l’étude des images scientifiques, mais aussi la pertinence du concept de sensibilité comme cadre d’analyse des savoirs. Après avoir posé les fondements théoriques de cette approche, la thèse s’organise en deux grandes parties, chacune structurée autour d’études de cas. Dans un premier temps, l’analyse porte sur un corpus d’illustrations anatomiques, chirurgicales et dermatologiques, révélatrices d’un rapport sensible au corps mort ou malade. Puis, l’étude se concentre sur des ouvrages de physiognomonie, de phrénologie et d’anthropologie, dans lesquels les principes esthétiques sont mobilisés pour saisir les caractéristiques physiques, morales et émotionnelles des individus.