Thèse soutenue

Esthétique de la prolifération : plasticité d'un baroque transhistorique

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Auteur / Autrice : Christophe Valde
Direction : Isabelle Alzieu
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Arts et sciences de l'art
Date : Soutenance le 06/10/2025
Etablissement(s) : Université de Toulouse (2023-2025)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication (Toulouse)
Partenaire(s) de recherche : Établissement délivrant conjointement le doctorat : Université Toulouse - Jean Jaurès (1970-....)
Laboratoire : Lettres, langages et arts (Toulouse)
Jury : Président / Présidente : Jean Nayrolles
Examinateurs / Examinatrices : Hélène Virion, Sabine Forero-Mendoza, Antoine Picon
Rapporteurs / Rapporteuses : Marie Escorne
DOI : 10.70675/25f754e1z6893z4196z8f51z5ca4cba28b88

Résumé

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La notion de « baroque » a pu s’affranchir de la classification historico-stylistique, pour être envisagée par les esthéticiens et théoriciens de l’art comme une approche plasticienne transhistorique. Indissociable du « classique », associé lui à l’équilibre d’une forme stable et ordonnée, le « baroque » suscite dès ses origines une suspicion. Renvoyant à la forme irrégulière, bizarre et excessive, il serait symptomatique d’une décadence civilisationnelle ou de la fin de cycle d’une évolution artistique considérée dans un prisme biologique. Cette recherche théorique, en Art et Sciences de l’Art, questionne notre époque, prise dans un certain « baroque » - entre postmodernisme, historicisme, création numérique, IA et biomimétisme -, en la croisant avec des époques antérieures : le début du XVIIIe s. « rococo », longtemps considéré comme l’expression ultime d’un baroque finissant, ou le chant du cygne d’une aristocratie frivole signant la chute de l’Ancien Régime ; la fin du XIXe s. et le début du XXe s. - entre éclectisme et Art Nouveau-, en quête d’opulence, où la formulation de l’objet industriel naissant pose problème et impose une rationalisation de l’ornement débouchant sur le modernisme, marquant la fin d’un attachement aux références passéistes et l’entrée dans une civilisation industrielle nouvelle. Il s’agit ainsi de repenser ces époques comme étant prises dans « une esthétique de la prolifération », pour repenser l’analogie biologique de l’évolution artistique, non pas dans le prisme de la décadence mais de l’émergence. Au-delà d’une morphologie commune, qu’exprimerait l’esthétique de la prolifération de ces époques éloignées dans le temps ? L’objectif est ainsi de repenser la dualité « classique / baroque » à travers de nouveaux concepts créés : selon une mise en tension entre bioplasticité et idéoplasticité, entre esthétique de la prolifération et esthétique du recentrement, pour penser deux approches plastiques complémentaires se compensant mutuellement - entre l’un et le multiple, le fini et l’infini, le fluide et le rigide, le stable et l’instable, la séparabilité et la continuité. Cette approche transdisciplinaire, riche des apports contemporains des sciences de la complexité, étudie à travers la création artistique - et plus particulièrement l’architecture et les arts appliqués -, la création perpétuellement évolutive de l’art comme un flux relevant d’une métastabilité intrinsèque.