Thèse soutenue

La compliance dans le droit de la commande publique

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Auteur / Autrice : Jules Nyobe
Direction : Gabriel Eckert
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit public
Date : Soutenance le 27/11/2025
Etablissement(s) : Strasbourg
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale des Sciences juridiques (Strasbourg ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut de recherches Carré de Malberg (Strasbourg)
Jury : Président / Présidente : Étienne Muller
Examinateurs / Examinatrices : Gilles Pellissier
Rapporteurs / Rapporteuses : Pascale Idoux, François Lichère

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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En mobilisant le droit positif et une approche empirique, la thèse met en évidence les modalités d’incarnation de la compliance dans le droit de la commande publique. Si l’internalisation des objectifs d’intérêt général illustre la convergence entre les préoccupations non économiques de l’un et les « buts monumentaux » de l’autre, elle révèle aussi les mécanismes destinés à assurer l’adéquation avec les comportements des acteurs contractuels. En effet, sans renier sa vocation première d’efficacité économique, le droit de la commande publique se trouve investi par la compliance, entendue comme un ensemble de mécanismes proactifs et préventifs destinés à assurer, au-delà de la conformité formelle, la poursuite de plusieurs finalités d’intérêt général. En internalisant la régulation au sein de la sphère contractuelle, elle confère au titulaire du contrat une responsabilité inédite : celle de concrétiser des préoccupations éthiques, sociales et environnementales. Par son intermédiaire, des exigences renforcées de transparence, de probité et de durabilité pénètrent le contrat et témoignent de la capacité des parties à faire usage de nouveaux outils pour concilier les différents objectifs assignés à la commande publique. Le phénomène dépasse ainsi la sphère privée et rejoint la sphère publique où clauses et critères de sélection coexistent désormais avec les logiques de RSE et d’ESG. Dès lors, la culture de conformité et de vigilance que la compliance instaure ne modifie pas seulement les pratiques ; elle transforme le droit de la commande publique. En dépit des limitations issues de la législation « Omnibus », les principes fondamentaux s’enrichissent. Aussi, malgré la stabilité traditionnelle du contrat, la compliance contribue, quoique modestement, à l’émergence de nouveaux moyens contentieux tandis qu’une figure renouvelée de l’autorité contractante émerge. En plus de garantir la régularité formelle des procédures de passation, cette dernière veille désormais à la conformité éthique et sociétale des opérateurs économiques. Cette évolution, progressive et ciblée, ne renvoie pas à un bouleversement des grands équilibres de la matière. Elle appelle néanmoins des critiques et des ajustements qui traduisent moins les limites de la compliance que les conditions d’un nouvel équilibre entre celle-ci et le droit de la commande publique. En tant que vecteur de la fondamentalisation et de la moralisation de la commande publique, la compliance implique une adaptation des outils juridiques aux défis contemporains. Le droit de la commande publique absorbe ainsi les logiques de compliance, tout en les ajustant à ses propres impératifs.