Physiopathologie des pneumopathies interstitielles diffuses pédiatriques d'origine génétique ou supposée génétique
| Auteur / Autrice : | Yohan Soreze |
| Direction : | Nadia Moulin Nathan, Sonia-Athina Karabina |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Génétique et génomique |
| Date : | Soutenance le 26/05/2025 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Complexité du vivant (Paris ; 2009-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Physiopathologie des maladies génétiques d'expression pédiatrique (Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Harriet Corvol |
| Examinateurs / Examinatrices : Pierre-Henri Jarreau | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Vincent Cottin, Arnaud Mailleux |
Mots clés
Résumé
Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) de l'enfant sont un groupe hétérogène de pathologies rares et sévères pouvant survenir de la période néonatale jusqu'à l'âge adulte. Les étiologies sont multiples et incluent entre autres les anomalies des protéines du surfactant, ou l'hyperplasie des cellules neuroendocrines du nourrisson (NEHI). Le but de ce travail était de progresser dans la compréhension physiopathologique de deux PID liées au métabolisme du surfactant et de rechercher des pistes moléculaires dans les NEHI. La première partie a porté sur l'étude du variant V178M dans SFTPA1 et SFTPA2, identifié chez des patients atteints de PID et de cancers pulmonaires. Ces gènes codent pour la protéine du surfactant (SP)-A qui joue un rôle majeur dans l'homéostasie alvéolaire. Dans des cellules A549, des plasmides exprimant SP-A wild-type (WT) ou V178M ont été transfectés. L'étude par western blot a confirmé que l'expression protéique était conservée après transfection avec V178M. Dans un modèle de scratch mimant des lésions alvéolaires, une différence de réparation cellulaire après transfection avec V178M, et une mortalité plus importante ont été observées. L'étude par immunofluorescence avec l'anticorps anti PCNA (Proliferating Cell Nuclear Antigen) a montré une diminution de la prolifération cellulaire après transfection avec le variant. Nous avons montré que le taux d'IL-8 mesuré par ELISA était plus élevé dans le surnageant des cellules transfectées avec V178M par rapport au WT. Enfin, le traitement par dexaméthasone des cellules exprimant V178M entraînait une diminution du taux d'IL-8 et de la mortalité par rapport aux cellules non traitées. Cette étude confirme l'effet délétère du variant V178M de SP-A sur la prolifération et la mortalité cellulaires et a permis de mettre en évidence les mécanismes liés à un effet bénéfique de la corticothérapie. La deuxième partie du travail portait sur l'étude de 3 variants dans le gène NKX2.1 (Y214C, R165W et G147A) associés à des formes respiratoires létales de syndrome cerveau-poumon-thyroïde chez des nourrissons. Nous avons montré par western blot une expression protéique diminuée des deux variants R165W et Y214C, par rapport au WT et à G147A. La localisation nucléaire de la protéine NKX2.1 n'était pas affectée par les variants (immunofluorescence). Sur les pièces de biopsie pulmonaire de la patiente présentant le variant Y214C, l'expression de SP-C et de pro-SPC par rapport à un poumon témoin était absente. Enfin, les essais luciférase ont montré que le variant Y214C n'entraînait la transactivation d'aucun des promoteurs testés (SFTPB, SFTPC, thyroglobuline et thyroperoxydase), le variant R165W entraînait soit une augmentation soit une perte de de fonction des différents promoteurs. Le variant G147A se comportait comme le WT avec une transactivation similaire de tous les promoteurs testés. Ainsi, notre étude a permis d'affirmer et de préciser la pathogénicité des variants Y214C et R165W situés dans l'homéodomaine de NKX2.1 et, à ce stade, d'infirmer cette du variant G147A. La troisième partie du travail a porté sur l'étude génomique d'une cohorte de 20 patients atteints de NEHI. Il s'agissait d'une analyse de génomes entiers en trio des patients et de leurs deux parents. Nous avons d'abord identifié 4 gènes candidats (CMTR1, COL15A1, COLEC12, SRPK2) chez 4 patients différents parmi lesquels deux n'ont pas été retenus. En modifiant les filtres d'analyse, le gène SRRM2 a retenu notre attention puisqu'il a été identifié chez deux patients indépendants et qu'il est déjà connu pour être associé à un retard du neurodéveloppement. Au total, plusieurs éléments liés à la génétique des maladies respiratoires rares ont été étudiés. Des thérapeutiques ciblées pour les patients porteurs de variants SFTPA1 /SFTPA2, des corrélations phénotype-génotype pour les patients porteurs de variants NKX2.1, et de nouvelles pistes moléculaires dans les NEHI ont été envisagées.