Thèse soutenue

Caractérisation de l'Énergie Sombre : mesure précise de l'expansion récente de l'Univers avec le Zwicky Transient Facility

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Auteur / Autrice : Leander Lacroix
Direction : Nicolas Regnault
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Physique de l'Univers
Date : Soutenance le 15/01/2025
Etablissement(s) : Sorbonne université
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la terre et de l'environnement et physique de l'univers (Paris ; 2014-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire Physique nucléaire et hautes énergies (Paris ; 1997-....)
Jury : Président / Présidente : Sophie Trincaz-Duvoid
Examinateurs / Examinatrices : Ariel Goobar
Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Charles Cuillandre, Dominique Fouchez
DOI : 10.70675/62985340z9de4z42d8z9a69z0bed0be55e21

Résumé

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La découverte observationnelle du Fond Diffus Cosmologique et de l'expansion accélérée de l'Univers à la fin du XXe siècle a conduit à l'établissement du premier modèle de concordance en cosmologie, appelé ΛCDM (Lambda Cold Dark Matter).Ce modèle décrit un Univers principalement composé d'Énergie Noire, responsable de l'accélération cosmique, de Matière Noire, structurant les grandes échelles, et enfin de matière baryonique, essentiellement constituée de matière normale, le tout évoluant dans le cadre de la Relativité Générale. Caractériser la dynamique de l'Énergie Noire, via des contraintes sur son Équation d'État, est l'une des principales missions de la cosmologie observationnelle. Les supernovas de type Ia (SNe Ia) jouent un rôle fondamental dans la caractérisation de l'Énergie Noire en tant que chandelles standards, car il est relativement facile d'en inférer une distance. Cartographier la relation distance-redshift des objets composant l'Univers, via ce que l'on appelle un diagramme de Hubble, permet d'évaluer directement l'histoire de l'expansion. Des études récentes, basées sur les SNe Ia et les Oscillations Acoustiques des Baryons, montrent une légère tension par rapport au modèle canonique ΛCDM. Le projet Lemaitre est né dans ce contexte. Il vise à établir un nouveau diagramme de Hubble à partir des ensembles de données ZTF, SNLS-Y5 et Subaru qui n'ont jamais été utilisés dans de précédentes études cosmologiques. De plus, une nouvelle chaîne d'analyse a été développée, permettant ainsi une analyse véritablement indépendante. Ce lot de données constitue également le plus grand échantillon de SNe Ia jamais analysé. Le Zwicky Transient Facility (ZTF) est un relevé photométrique hébergé à l'observatoire de Palomar. Son échantillon de SNe Ia vise à couvrir la partie basse du redshift, z < 0.1, du diagramme de Hubble de Lemaitre, précisément là où cette sonde est la plus sensible à l'Énergie Noire. Grâce à son spectrographe à champ intégral dédié, ZTF a détecté, typé et suivi un très grand nombre de trensients. Le groupe de travail cosmologie de ZTF a défini l'ensemble de données DR2 comme un échantillon de SNe Ia spectroscopiquement confirmés et méthodiquement sélectionnés, avec environ 3,600 objets. Cet échantillon constitue l'une des pierres angulaires du projet Lemaitre. Cette thèse porte sur le développement d'un pipeline de photométrie permettant d'extraire les courbes de lumière des SNe Ia à partir des données ZTF, via une méthode appelée scene modeling. Cette approche, basée sur une description mathématique de la ''scène'' autour de la SN qui permet une extraction statistiquement optimale des courbes de lumière. La principale force de cette méthode réside dans sa capacité à calibrer directement le flux de la SN sur celui des étoiles de son champ. Une grande importance a été accordée aux performances du code de calcul. Ainsi, le pipeline est capable de traiter l'ensemble de l'échantillon ZTF DR2, représentant environ 180 To, dans des délais raisonnables (1 à 2 semaines sur la grille de calcul de l'IN2P3), des pixels bruts jusqu'aux courbes de lumière calibrées. Elle a également été utilisée pour extraire les courbes de lumière des étoiles de calibrations. Ce travail a également permis d'identifier un effet inattendu au niveau des CCD, provoquant une non-linéarité photométrique dépendant de la position sur le plan focal et du temps. Cet effet déforme essentiellement la forme des étoiles faibles. Décrire et caractériser cet effet a nécessité le traitement d'une partie significative des données ZTF. Un modèle et une correction provisoire ont ainsi été développés et sont en cours de validation. Enfin, un effort important a été consacré à la caractérisation de l'uniformité de la caméra ZTF à l'aide de starflats.