Exploitation du monitoring sismique du sous-sol en milieu ferroviaire
| Auteur / Autrice : | José Cunha Teixeira |
| Direction : | Ludovic Bodet, Alexandrine Gesret, Agnès Rivière, Amélie Hallier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Géophysique |
| Date : | Soutenance le 24/02/2025 |
| Etablissement(s) : | Sorbonne université |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Géosciences, ressources naturelles et environnement (Paris ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Milieux environnementaux, transferts et interactions dans les hydrosystèmes et les sols (Paris ; 1997-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Damien Jougnot |
| Examinateurs / Examinatrices : Léonard Seydoux, Aurélien Mordret | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphane Garambois, Frédéric Nguyen |
Mots clés
Résumé
Afin d'assurer la sécurité et la régularité des circulations, il est essentiel de garantir l'intégrité de la plateforme ferroviaire et de son sol support. Parmi les aléas naturels menaçant ces infrastructures, les fontis, phénomènes à l'origine d'affaissement et effondrements, représentent un risque important en raison de leur imprévisibilité. Traditionnellement, des méthodes géophysiques et géotechniques sont utilisées pour caractériser à un instant donné les zones affectées par ce risque, mais elles ne fournissent qu'une vision limitée dans le temps de l'état du sous-sol. Cette thèse s'appuie sur une approche innovante pour caractériser et surveiller en continu les zones à risque fontis à l'aide de méthodes sismiques passives qui exploitent les ondes de surface générées par les passages de trains. L'analyse de la dispersion des ondes de surface permet d'estimer la vitesse des ondes de cisaillement en fonction de la profondeur, directement liées au module de cisaillement du sol. Cette méthode offre ainsi un moyen de continuellement évaluer l'état mécanique du sous-sol et d'identifier d'éventuelles anomalies, malgré les contraintes liées à l'accès limité aux sites. Ce travail explore l'exploitation de cette méthode en analysant ses performances et sa sensibilité, et propose des outils d'interprétation avancée intégrant des données géologiques, hydrogéologiques et géomécaniques. Après une étude du dimensionnement du dispositif de mesure et de la paramétrisation de la chaîne de traitement du signal, il est démontré que cette méthode est particulièrement influencée par les conditions climatiques et hydrogéologiques. Ainsi, des outils basés sur des réseaux de neurones sont développés afin d'extrapoler des cartes de niveaux de nappes à partir d'un unique point piézométrique en utilisant les données sismiques comme guides. De plus, dans le but d'améliorer l'analyse et l'interprétation des données de sismique passive, une méthode inspirée de la traduction automatique neuronale est utilisée pour fournir une inversion pétrophysique des courbes de dispersion des ondes de surface. Cette approche permet de traduire les données sismiques en informations géologiques et hydrogéologiques de la structure du sous-sol de manière plus rapide que des méthodes stochastiques conventionnelles. Ainsi, cette dernière peut être déployée dans un contexte de monitoring quotidien. Enfin, il est conclu que la méthode exploitée présente un potentiel considérable pour la surveillance du sous-sol, tant dans le contexte ferroviaire que dans d'autres domaines. Toutefois, une attention particulière doit être portée à la résolution spatiale et temporelle des données sismiques, ainsi qu'à leur sensibilité aux profondeurs explorées, qui pourraient, dans certains cas, s'avérer limitées pour les phénomènes étudiés.