S’inventer bretonnant, apprentissage, socialisation et subjectivation : une analyse du parcours d’adultes inscrits en formation professionnelle continue pour apprendre la langue bretonne
| Auteur / Autrice : | Gildas Grimault |
| Direction : | Hugues Pentecouteau, Cédric Choplin |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
| Date : | Soutenance le 18/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Rennes 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Éducation, langages, interactions, cognition, clinique, expertise (Rennes ; 2022-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de Recherche sur l'Education- les apprentissages et la didactique / CREAD EA 3875 |
| Jury : | Président / Présidente : Eguzki Urteaga |
| Examinateurs / Examinatrices : Carole Le Hénaff | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Hervé Breton, Nicole Dołowy-Rybińska | |
| DOI : | 10.70675/1e89716ezd685z4a57z918fz5fd82a4bbc9a |
Résumé
Depuis la fin des années 1990, les formations professionnelles continues à la langue bretonne se sont développées en Bretagne (France). Chaque année, ces formations intensives accueillent, à plein temps, plusieurs centaines d’adultes sur une durée de six ou neuf mois. Elles sont parties prenantes du mouvement de revitalisation linguistique qui a émergé dans les années 1970. Toutefois, l’extension de l’offre d’apprentissage (en formation continue ou dans un cadre scolaire) a mené au constat qu’il n’est pas suffisant d’apprendre une langue pour la pratiquer. Apprentissage n’est pas usage. Cela a conduit à penser davantage la revitalisation en termes de socialisation langagière. Mais, là non plus, il n’est pas suffisant d’être en présence d’autres locuteurs pour parler breton : les personnes bilingues d’une langue minoritaire partagent, très souvent, deux langues communes, et, en pareille circonstance, l’idiome majoritaire – ici le français – a tendance à prendre le dessus. S’appuyant sur une méthodologie mixte qui articule une enquête quantitative reposant sur quatre bases de données et une enquête qualitative longitudinale par entretiens auprès d’adultes inscrits en formation, cette recherche soutient la thèse que devenir bretonnant demande de subjectiver l’usage du breton ; le défaut d’usage est souvent un défaut de sens. Or, avec la diminution du poids des instances de socialisation et des « grands récits » qui donnaient un sens collectif à l’usage du breton, la quête de sens est devenue un processus biographique. C’est à cette recherche de sens que s’attellent les stagiaires de ces formations qui ne cessent de reformuler le récit singulier qui les a engagés dans l’apprentissage du breton. Cette thèse de doctorat cherche donc à démontrer que l’invention de soi comme locuteur d’une langue minoritaire est un processus identitaire qui se construit autour de trois dimensions : l’apprentissage, la socialisation et la subjectivation.