Bioprécurseurs vectorisés d'acide salicylique pour l’induction des défenses naturelles des plantes
| Auteur / Autrice : | Ruth Oussou |
| Direction : | Cécile Marivingt-Mounir, Jean-François Chollet, Sylvain La Camera |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Chimie organique, minérale, industrielle |
| Date : | Soutenance le 11/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Poitiers |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Rosalind Franklin (Poitiers ; 2022-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers (2012-....) |
| Faculte : Université de Poitiers. UFR des sciences fondamentales et appliquées (1896-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Florence Fontaine |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Antoine Gravot, Alexandre Degrave | |
| DOI : | 10.70675/a5fd3957z3b12z4580z9a03z4c547129fad6 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Dans un contexte marqué par les enjeux du développement durable, l’agriculture est confrontée à un double défi : accroître la production pour répondre aux besoins alimentaires d’une population mondiale croissante, tout en réduisant son impact environnemental. La diminution de l’usage des produits phytopharmaceutiques impose ainsi la mise en place de stratégies alternatives pour protéger les cultures contre les maladies. L’une d’elles consiste à stimuler les défenses naturelles des plantes afin de renforcer leur résistance grâce à l’activation de mécanismes de défense endogènes.L’acide salicylique (AS), une phytohormone clé, joue un rôle central dans l’activation de ces mécanismes. Toutefois, son utilisation exogène présente des limites : toxicité potentielle pour les plantes et compartimentation rapide, ce qui restreint son application pratique en agriculture. Pour surmonter ces contraintes, une stratégie de vectorisation inspirée du concept de bioprécurseur a été développée. Elle repose sur le couplage de l’AS à des acides aminés, permettant leur transport via la sève phloémienne et assurant une libération progressive de l’AS au niveau des tissus cibles. Cette approche, déjà prometteuse dans des travaux antérieurs menés au laboratoire, ouvre la voie à une induction plus durable des défenses végétales.Dans ce cadre, plusieurs conjugués AS–acides aminés ont été synthétisés, en adaptant et en optimisant des protocoles existants. Ces molécules diffèrent par la nature de l’acide aminé (série L : acides diaminopropionique et diaminobutyrique, lysine, acide glutamique, tryptophane) et par la présence éventuelle d’espaceurs (éthylène glycol, 1,2,3-triazole, 1,4- ou 1,5-dicarbonylés). Tous les conjugués ont été obtenus avec de bons rendements et caractérisés par RMN et spectrométrie de masse.Leur activité biologique a ensuite été évaluée. Les tests ont porté sur leur capacité à induire des défenses chez les plantes et à conférer une protection contre des agents pathogènes, tout en vérifiant l’absence d’effets phytotoxiques ou d’activité antimicrobienne directe. Sur la lignée transgénique Arabidopsis thaliana PR1::GUS, plusieurs conjugués se sont révélés capables d’induire l’expression du gène PR1 et de réduire significativement les symptômes provoqués par Pseudomonas syringae pv. tomato et P. syringae pv. maculicola. Les résultats mettent en évidence une corrélation entre la structure des conjugués et leur profil d’induction des gènes de défense, ainsi que leur efficacité protectrice. Surtout, ces effets ont été obtenus sans phytotoxicité notable et sans activité antimicrobienne directe aux concentrations testées, contrairement à l’AS appliqué seul.