La monstruosité de la femme dans la médecine de la Renaissance. Une étude d’épistémologie historique
| Auteur / Autrice : | Sofia Zuccoli |
| Direction : | Roberto Poma |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance le 05/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 12 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2010-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Lettres, Idées, Savoirs (Créteil) |
| Jury : | Président / Présidente : Violaine Giacomotto-Charra |
| Examinateurs / Examinatrices : Roberto Poma, Claire Crignon, Marie-Frédérique Pellegrin, Charles Wolfe | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Claire Crignon, Marie-Frédérique Pellegrin | |
| DOI : | 10.70675/e3f3ff14z375cz4d63z8f36z7c673452f5a5 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse de doctorat vise à étudier les représentations médicales de la nature féminine aux XVIe et XVIIe siècles à travers le prisme des débats entourant la définition aristotélicienne de la femme comme un être monstrueux. La recherche contemporaine a souvent considéré cette théorie en voie de disparition à la fin de la Renaissance, arguant que la majorité des praticiens de l’époque rejette explicitement l’idée d’une féminité conçue comme une anomalie anatomique (Maclean, 1980 ; Pomata, 2013). Pourtant, si ces médecins refusent la catégorisation de la femme comme une erreur de la nature, leurs discours, dès lors qu’ils s’attachent à analyser son corps et son esprit, recomposent en sourdine une monstruosité aux contours renouvelés.Nous proposons d’examiner ces modulations insidieuses sous trois perspectives complémentaires. D’abord, par l’étude des questions anatomiques à propos de l’isomorphisme des organes de la génération, au sein desquelles surgissent de nouvelles formes de conceptualisation du corps féminin qui oscillent entre différence et analogie. Ensuite, dans le cadre de la littérature gynécologique et obstétricale en plein essor entre les XVIe et XVIIe siècles, où se cristallisent des interrogations sur la spécificité organique de la femme. Enfin, nous nous penchons sur les doctrines médicales de l’âme, lesquelles, en attribuant à l’imagination une puissance formatrice sur la matière vivante, confèrent aux femmes un pouvoir tératogène et pathogène, posant leur psyché comme un foyer d’instabilité physiologique.Loin de s’effacer, la notion de monstre se métamorphose donc en un outil conceptuel permettant d’interroger les discours médicaux sur la différence des sexes au seuil de la modernité.