Du feedback vidéo à l'IA générative : sur la récursivité dans les arts et médias
| Auteur / Autrice : | Violaine Boutet de Monvel |
| Direction : | Antonio Somaini, Térésa Faucon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études cinématographiques et audiovisuelles |
| Date : | Soutenance le 09/01/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Arts et médias (Paris ; 1997-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire International de Recherches en Arts (Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Guillaume Soulez |
| Examinateurs / Examinatrices : Antonio Somaini, Térésa Faucon, Guillaume Soulez, Larisa Dryansky, Marie-France Chambat-Houillon, Ina Blom | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Larisa Dryansky, Marie-France Chambat-Houillon | |
| DOI : | 10.70675/442698f2z079az473az97a2z32cf8ac455f0 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse érige, sous le prisme du feedback, un pont entre l’art vidéo pionnier des années 1960 à 1980 et les pratiques en lien avec l’IA générative, que les avancées phénoménales de l’apprentissage profond ont précipitées depuis le milieu des années 2010. La rétroaction renvoie en cybernétique à l’autorégulation par la boucle de systèmes naturels et technologiques. Appliqué à des dispositifs analogiques, numériques ou hybrides en circuit fermé, ce processus automatisé qualifie aussi les effets contingents qui en résultent à l'écran. La première partie revient sur l’influence colossale que la théorie de l’information et la notion de bruit ont exercé sur la genèse du genre vidéo depuis l’avènement du médium, en 1965. Elle se concentre sur le paradigme narcissique (Rosalind Krauss, 1976) qui en a renseigné les canons jusqu’à la fin des années 1970, en analysant la place centrale occupée par la perception humaine et son extension prothétique télévisuelle. La seconde partie s’attache à l’exploration concurrente de ladite vision des machines, en dialogue avec les outils (Steina et Woody Vasulka, 1976). À partir du retournement technocratique de l’esthétique alors inhérent au traitement d’images en temps réel, une transition est opérée de la synthèse audiovisuelle à ses pendants cinématiques, puis artificiels. La troisième partie se penche sur la création en prise avec des modèles d’IA générative développés depuis l’introduction des GANs, en 2014. Interrogeant la redistribution de l’agentivité en réseau, elle considère ultimement la généalogie récursive des arts et médias, ainsi que les conditions d’une culture algorithmique sensible entre signal et données.