Thèse soutenue

Derrida et la scène du manger : une lecture des séminaires 'Manger l'autre' et 'Rhétorique du cannibalisme' (1989-1991)

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Auteur / Autrice : Serena Luce
Direction : Jocelyn BenoistFabrizio Turoldo
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Philosophie
Date : Soutenance le 06/03/2025
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Philosophie (Paris ; 1998-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (Paris ; 2015-....)
Jury : Président / Présidente : Isabelle Alfandary
Examinateurs / Examinatrices : Jocelyn Benoist, Fabrizio Turoldo, Marc Crépon, Nicola Perullo
Rapporteurs / Rapporteuses : Silvano Facioni
DOI : 10.70675/991255b6zc9c5z460ezbea9zc9af6dbe1dab

Mots clés

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Résumé

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La recherche débute par la lecture de deux séminaires inédits, Manger l’autre (1989-1990) et Rhétorique du Cannibalisme (1990-1991), avec l’objectif de retrouver les références à l’oralité, à l’incorporation et, plus explicitement, au « manger » dans le corpus derridien, tout en mettant en lumière les implications éthiques. Médiée par des perspectives psychanalytiques, l’incorporation décrit une relation de co-implication avec l’altérité, orientée vers une éthique qui en reconnaît la résistance à l’assimilation. Sous diverses configurations, cette logique traverse l’œuvre de Derrida : de l’auto-affection au travail du deuil, de la spectralité du sens à l’hospitalité et à l’auto-immunité. Ces deux séminaires se révèlent être une pièce manquante pour comprendre comment Derrida en vient à se référer plus explicitement à l’acte alimentaire, à partir du sacrifice rituel. Après une première analyse des textes précédant les séminaires, la question est examinée à l’intersection des grandes problématiques anthropologiques, psychanalytiques et religieuses, permettant de reconnaître un spectre récurrent du cannibalisme. La lecture des séminaires avance en identifiant les principaux motifs entrelacés dans les cours, ainsi que les références explicites et implicites qui révèlent des présences latentes et incorporées dans le texte. Enfin, un bref regard sur les textes publiés dans les années suivantes permet d’émettre l’hypothèse de la pertinence théorique de la notion d’autophagie, à l’origine du développement de la logique auto-immune. Il en résulte une lecture de l’acte alimentaire qui devient une écriture de la vie et de la mort, dans un horizon éthique et esthétique du goût. La scène du repas renvoie ainsi à une logique biologique et rhétorique, incorporée dans la déconstruction elle-même.