Thèse soutenue

La Fabrique des Frontières Mouvantes : Proche et Moyen-Orient, Liban 1915-2025

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Dalal Kassab Kodssieh
Direction : Christian Pédelahore de Loddis
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie. Urbanisme. Aménagement
Date : Soutenance le 18/12/2025
Etablissement(s) : Paris 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de Géographie de Paris. Espace, sociétés, aménagement (Paris ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Architecture Urbanisme Société. Savoirs Enseignement Recherche (Paris ; 2010-....)
Jury : Président / Présidente : Marlène Ghorayeb
Examinateurs / Examinatrices : Christian Pédelahore de Loddis, Philippe Zourgane, Sophie Brones
Rapporteurs / Rapporteuses : Cristiana Mazzoni, Boudjemâa Aichour
DOI : 10.70675/e697390dzdab9z432fz86c2z26867c3db20f

Mots clés

FR  |  
EN

Résumé

FR  |  
EN

Cette étude, conduite à l’échelle spatiale et culturelle des territoires, dans un contexte complexe et tendu, se concentre sur l’émergence, l’évolution et les mutations des frontières mouvantes libanaises ; sur leurs dynamiques de recompositions spatiales et humaines, leurs impacts en profondeur sur les sociétés et les milieux, aux fins d’en faire des outils et des vecteurs de lecture et de dévoilement des profondeurs des fabrications métamorphiques, symboliques comme sociétales. Depuis l’invention de la frontière Liban-Palestine-Israël, en 1923, sa création effective en 1948, sa métamorphose et ses incidences, les changements géopolitiques et les évolutions socio- économiques au Proche-Orient ont été nombreux et ils ont porté des conséquences étendues sur le développement et les mutations des interfaces spatiales entre le Liban et les pays limitrophes, en même temps qu’ils ont redessinés à plusieurs reprises le tracé des frontières. Ainsi, ces limites labiles, tant externes qu’internes, éclairent une respiration territoriale faite conjointement de communication et de confrontation, de libération et de claustration. Sensible aux tensions internationales, régionales, étatiques et municipales et constitué de systèmes politiques, confessionnels, idéologiques et sociétaux divers et opposés mais toujours intriqués, le dynamisme libanais se nourrit et tente de profiter ainsi de toutes les interactions. La problématique de la frontière se trouve au cœur des conflits, créant, selon nous, des territoires frontaliers archipélagiques. Ce territoire fragmenté et mouvant, émerge et évolue selon un jeu complexe et intercorrélé de composantes qui sont spatiales, sociétales, politiques, confessionnelles, culturelles et économiques. Ces composantes participent à la création de territoires à la fois proches et éloignés, où les dimensions spatiales et temporelles se dilatent et se contractent tour à tour. Ces insularités mobiles, créent des répercussions et génèrent de nouvelles limites en éliminant ou en en déplaçant d’autres. Une territorialité mutante du Liban se met en place, sans cesse reconfigurée. À la fois terrain, enjeu et instrument, la frontière apparait, se faisant, comme une composante centrale et matricielle des problématiques territoriales libanaises. Notre travail cherche à objectiver des césures cachées, invisibles et souvent méconnues, y compris par les Libanais eux-mêmes. Ce faisceau de réflexions spatiales, typologiques, analytiques et conceptuelles, tente d'apporter un éclairage sur les liens séculaires, définitoires et mouvants existants entre territoires, stratégies politiques et religieuses, résiliences identitaires et nouveaux espaces de mixité. Notre approche contextualisée, diachronique et multiscalaire aborde les territoires par le truchement d’une démarche centrée sur le relevé attentif et méticuleux des ambivalences, de la fabrique des altérités tout comme des paradoxes endogènes et exogènes générés et portés par les aires frontalières. Nous étudions la Frontière en tant que révélateur des conceptions idéologiques et des réalités concrètes et physiques des territoires, et, tout conjointement, des notions de limite et d’identité. Au sein du temps long de la géographie et des sédimentations et dynamiques culturelles, nous examinons et rendons compte des dualismes, des asymétries, des interactions et des reconfigurations spatiales et symboliques qui engendrent des systèmes feuilletés articulant mutations accélérées, médiances et résiliences qui expliquent, croyons-nous pour une large part, l’insubmersibilité culturelle et sociétale libanaise, ainsi que son caractère exemplaire et instructif, voire reproductible.