« Entreprendre et travailler autrement » ? : Représentations, pratiques et trajectoires d’engagements dans les coopératives de production à la CGT (1981-2023)
| Auteur / Autrice : | Willy Gibard |
| Direction : | Sophie Beroud |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique |
| Date : | Soutenance le 05/06/2025 |
| Etablissement(s) : | Lyon 2 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | ScSo - Sciences Sociales |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Triangle. Action, Discours, Pensée politique et économique (Lyon ; 2005-....) - Triangle : action- discours- pensée politique et économique / TRIANGLE |
| Jury : | Président / Présidente : Sophie Bernard |
| Examinateurs / Examinatrices : Sophie Beroud, Samuel Hayat, Maxime Quijoux | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Éric Agrikoliansky, Anne-Catherine Wagner |
Résumé
Cette recherche doctorale entend renseigner, dans des perspectives socio-historique et ethnographique, les conditions de réception et d’appropriation des thématiques relatives aux coopératives de production et à « l’ESS » au sein de la CGT, tout en articulant l’étude de ces productions discursives et idéelles aux pratiques concrètes des syndicalistes au sein des coopératives. La recherche propose en effet de saisir les effets des reprises d’entreprise sur le travail, sur l’organisation syndicale mais aussi sur les trajectoires professionnelles et militantes des salarié.es. La combinaison des approches sociohistorique et ethnographique, a constitué un dispositif d’enquête à part entière pour penser l’objet d’étude. Mêlant les apports des approches dispositionnelles et intersectionnelles, l’enquête de terrain s’appuie sur des archives, des observations participantes et des entretiens avec les acteur.es. La thèse renouvelle les études sur les coopératives de production en s’intéressant, dans une perspective multiscalaire et diachronique, à la fois aux pratiques discursives et à la manière dont ces représentations impactent les pratiques concrètes des militant.es au sein des coopératives. Ce travail doctoral se situe à la croisée de trois sous-disciplines. Tout d’abord, les résultats présentés dans cette thèse constituent à leur échelle une contribution à l’histoire sociale des idées politiques, des coopératives de production et de « l’ESS ». Ce travail renseigne la production, la circulation et l’appropriation de ces thématiques tout comme les agent.es participant à l’introduction de celles-ci au sein d’une organisation syndicale. Ce faisant, cette thèse propose une analyse des transformations doctrinales de la CGT sur le temps long – quatre décennies – à travers l’étude de ces idées connexes. Ensuite, il complète certains apports de la sociologie politique du syndicalisme en étudiant de manière ethnographique ce qui apparaît comme des pratiques cogestionnaires syndicales mais aussi les ressorts de l’engagement syndical en milieu populaire. Les adaptations de l’organisation syndicale, autant pratiques que discursives, au sein des coopératives sont pensées avec les mutations dans le travail impactant les modes de subjectivation politique du salariat subalterne. Enfin, il contribue à la sociologie du travail au sein des coopératives, à la compréhension du rapport salarial en leur sein et aux modes de mise au travail dans ces entreprises considérées comme différentes, en pensant ensemble les reconfigurations du rapport salarial, de l’organisation du travail et des modes de résistance.