Thèse soutenue

Une histoire du neutre : Politique et langage, de Paul Valéry à Guillaume Dustan

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Auteur / Autrice : Justine Brisson
Direction : Astrid von BusekistTiphaine Samoyault
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science politique, spécialité Théorie politique
Date : Soutenance le 01/12/2025
Etablissement(s) : Paris, Institut d'études politiques
Ecole(s) doctorale(s) : École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris)
Jury : Président / Présidente : Frédérique Leichter-Flack
Examinateurs / Examinatrices : Astrid von Busekist, Tiphaine Samoyault, Frédérique Matonti, Thomas Clerc, Éric Marty, Martin Rueff
Rapporteurs / Rapporteuses : Frédérique Leichter-Flack, Frédérique Matonti
DOI : 10.70675/5e189279zd4b3z4b69za36dze892e5e5fe14

Résumé

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Cette thèse s’inscrit au croisement de la littérature française du XXe et du XXIe siècle et de l’histoire des idées politiques. Nous entendons retracer l’histoire conceptuelle et littéraire du neutre tel qu’il émerge en 1947 dans un contexte particulier, celui des débats entre rhétorique et Terreur, où se pose la question de la fonction fédératrice du langage. Loin d’être réductible à une simple politique de la neutralité, nous montrons que ce concept vise à suspendre les formes topiques de la discursivité militante pour en déjouer les récupérationsidéologiques. Le neutre repose sur une utopie linguistique – celle d’un langage transparent et innocent, vierge des rapports de pouvoir – qui se révèle fatalement aporétique. L’histoire du neutre est traversée par une succession d’efforts pour dépasser ce caractère aporétique, de l’après-guerre à l’extrême contemporain. L’ambition de cette thèse se situe à trois niveaux. Sur le plan historique, elle retrace l’histoire conceptuelle du neutre. Sur le plan théorique, l’enjeu est d’interroger la consubstantialité du langage et du politique. Enfin, sur le plan normatif, il s’agit de questionner l’injonction à l’engagement. Si notre corpus principal réunit des figures incontournables dans une réflexion sur le neutre (Roland Barthes, Maurice Blanchot, Emil Cioran), il inclut aussi une figure oubliée dont l’apport à l’histoire conceptuelle du neutre mérite d’être réévalué (Paul Valéry), une réécriture contemporaine et paradoxale du neutre (Guillaume Dustan), ainsi qu’une contre-histoire féminine (Hélène Cixous, Michèle Causse) qui offre une alternative au neutre des écrivains précédemment mentionnés.