La constitution des étrangers : analyse comparée des discours des juges constitutionnels colombiens, étatsuniens et français
| Auteur / Autrice : | Louis Imbert |
| Direction : | Guillaume Tusseau, Serge Slama |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit |
| Date : | Soutenance le 15/07/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : École de droit de Sciences Po (Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Wanda Mastor |
| Examinateurs / Examinatrices : Guillaume Tusseau, Serge Slama, Jules Lepoutre, Marie-Laure Basilien-Gainche, Jorge Luis Esquirol, Caterina Severino | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Jules Lepoutre, Marie-Laure Basilien-Gainche | |
| DOI : | 10.70675/3fc65b8fz2a96z46c7zaf75z78f50c5f59e0 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Par leurs discours jurisprudentiels sur l’entrée, le séjour et l’éloignement des non-nationaux, les juges constitutionnels constituent les étrangers comme des membres partiels d’une « communauté constitutionnelle imaginée ». Ce phénomène singulier se caractérise avant tout par une tension entre exclusion et inclusion, que les juges sont amenés à arbitrer à travers le langage spécifique du raisonnement constitutionnel. L’analyse se concentre d’abord sur une tendance commune aux trois juridictions étudiées (Cour constitutionnelle de Colombie, Cour suprême des États-Unis, Conseil constitutionnel français). Le pouvoir de l’État d’exclure les étrangers de son territoire se présente à chaque fois comme un élément naturel du statut constitutionnel de l’étranger. Une généalogie révèle cependant que ce n’est qu’assez tardivement que s’est cristallisé un tel pouvoir d’exclure visant spécifiquement les non-nationaux, avec la contribution active des juges constitutionnels (partie 1). Dans le prolongement de cette dynamique fondamentale d’exclusion, une logique générale de contrôle tend à dominer la jurisprudence constitutionnelle sur l’immigration. Elle ne se manifeste toutefois pas dans les mêmes proportions dans les trois jurisprudences analysées, laissant apparaître le rôle déterminant des juges constitutionnels dans l’exclusion ou l’inclusion de l’étranger dans la communauté constitutionnelle imaginée (partie 2). Une contre-dynamique d’inclusion se décline d’ailleurs de diverses manières dans les discours des juges, sans parvenir la plupart du temps à l’emporter sur la puissante logique d’exclusion qui continue de marquer le statut constitutionnel de l’étranger (partie 3).