Tenir l’État : changement de régime et refonte de la haute fonction publique en Iran et au Pakistan
| Auteur / Autrice : | Guillaume Beaud |
| Direction : | Christophe Jaffrelot, Philippe Bezes |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique, spécialité Politique comparée |
| Date : | Soutenance le 11/04/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Laurent Gayer |
| Examinateurs / Examinatrices : Christophe Jaffrelot, Philippe Bezes, Assia Boutaleb, Jean-Michel Eymeri-Douzans, Kevan Harris, Mai Hassan | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Assia Boutaleb, Jean-Michel Eymeri-Douzans |
Mots clés
Résumé
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les États iranien et pakistanais ont connu des changements politiques majeurs – révolutions, coups d’État – au cours desquels la refonte des hautes fonctions publiques a constitué un enjeu central. Postulant que tout gouvernant entend maximiser la loyauté et la compétence de ses hautes administrations, cette thèse examine les recompositions des relations entre élites politiques et corps de hauts fonctionnaires à travers les institutions régulant leurs recrutement, formation, nominations et carrières, envisagées comme espaces de luttes au sein au sein de l’État. Elle interroge pourquoi, dans les années 1970, les luttes pour le contrôle de l’État et la refonte du régime politique ont produit des effets opposés en dépit d’un héritage historique commun d’élites administratives ayant assis leur contrôle sur l’État. En Iran, si la formation d’un régime révolutionnaire a requis l’épuration et la fragilisation de l’État, les nouveaux gouvernants ont alors su reconstruire une bureaucratie à la fois fonctionnelle et loyale. Au Pakistan, l’échec de la refonte radicale de l’État et la restauration des hautes administrations ont accompagné la multiplication des conflits au sein de l’État et son affaiblissement. Ce travail compare les corps de préfets et diplomates, respectivement les plus et moins soumis au contrôle politique dans les deux États. Il repose sur l’analyse de 140 entretiens, de 35 mémoires de fonctionnaires et autres sources biographiques, d’archives, de bases de données socio-prosopographiques inédites portant sur 600 hauts fonctionnaires iraniens et 1800 pakistanais, ainsi que d’un matériau ethnographique et de presse.