Sur l’utilisation des chiffres en politique étrangère : de la datafication à la datafiction. Une étude des politiques Arctiques française et britannique
| Auteur / Autrice : | Louise Beaumais |
| Direction : | Thomas Lindemann, Frédéric Ramel |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Science politique, spécialité Relations internationales |
| Date : | Soutenance le 02/04/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques en cotutelle avec 056519907 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de recherches internationales (1952-.... ; Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Thierry Balzacq |
| Examinateurs / Examinatrices : Thomas Lindemann, Frédéric Ramel, Jean Joana, Valérie-Barbara Rosoux, Christoph O. Meyer, Elana Wilson Rowe | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Jean Joana, Valérie-Barbara Rosoux |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
La datafication des relations internationales est incontestable: les chiffres sont devenus un langage central dans la gouvernance internationale. Cette thèse visait à examiner si les organisations de politique étrangère adoptaient une approche similaire. Il est rapidement devenu évident que les mécanismes sous-jacents à la gouvernance par les chiffres n’étaient toutefois pas la panacée pour les diplomates et les militaires, qui ne percevaient pas non plus de réelle valeur ajoutée dans la quantification des relations internationales. Cette réticence n’était pas que rhétorique: elle émane d’une volonté de préserver l’expertise et l’identité des organisations concernées. Toutefois, cette opposition ne signifiait pas un rejet total des chiffres non plus : il était évident que des chiffres continuaient d’être utilisés, mais souvent de manière plus subtile. L’enjeu principal était donc de comprendre comment leur utilité était définie au-delà de leur rôle informatif ou prescriptif, et ce que cela révélait de l’adaptation de la politique étrangère à la gouvernance par les chiffres. En combinant l’analyse de la politique étrangère, la sociologie de la quantification et les études des sciences et des techniques, cette thèse examine cette question à travers une étude de cas des politiques arctiques françaises et britanniques. Elle montre que l’usage des chiffres est lié à des objectifs organisationnels, comme la crédibilité, la cohérence et les imaginaires. L’utilité des chiffres est donc définie par ce qu’ils permettent aux acteurs de signaler à d’autres acteurs. Enfin, bien que discret et diffus, ces usages contribuent à reconfigurer les représentations, donnant naissance à ce que je nomme une datafiction.