L’ouverture marchandisée : l’usage libre comme travail gratuit dans le modèle de captation de données des plateformes UGC
| Auteur / Autrice : | Léo Pascault |
| Direction : | Séverine Dusollier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit |
| Date : | Soutenance le 03/06/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : École de droit de Sciences Po (Paris) |
| Jury : | Président / Présidente : Valérie-Laure Benabou |
| Examinateurs / Examinatrices : Séverine Dusollier, Ruth L. Okediji, Beatriz Botero Arcila, Antonio A. Casilli, Thomas Margoni | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Ruth L. Okediji |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Mots clés libres
Résumé
Cette thèse examine le modèle de captation de données des plateformes UGC (user-generated content), où les données des utilisateurs sont collectées et valorisées principalement via la publicité ciblée. Elle s’intéresse au rôle et à la nature des contributions des utilisateurs à ce modèle, particulièrement le téléversement de contenus. Une part importante de l’UGC intègre, à divers degrés divers, des œuvres protégées par le droit d’auteur, généralement sans autorisation préalable des titulaires. Je qualifie d’« usages libres » ces utilisations d’œuvres d’autrui, licites ou non. L’usage libre est essentiel au modèle de captation de données : en augmentant le volume de contenus, il élargit la base d’utilisateurs et accroît les revenus des plateformes. Je conçois l’usage libre comme une manifestation d’un travail gratuit protéiforme fourni par les utilisateurs. L’utilisation des plateformes s’inscrit à la croisée d’une dynamique à la fois paradoxale et féconde : elle procure une gratification aux utilisateurs tout en étant exploitée. Cela invite à reconsidérer l’usage libre, que la doctrine a tendance à valoriser sans nuance au nom de valeurs telles la liberté d’expression. La coextensivité de la liberté (d’usage) et de la gratuité (du travail) se matérialise dans l’apparatus juridique des plateformes, qui cultive la première pour mieux la convertir en la seconde. Cet apparatus fonctionne comme un assemblage normatif fusionnant dispositions juridiques « publiques » et mécanismes d’auto-régulation par lesquels les plateformes structurent leurs rapports avec les utilisateurs et les titulaires de droits dont les œuvres se retrouvent en ligne sans autorisation.