Thèse soutenue

Apport de l’intelligence artificielle et de l’imagerie médicale dans la prédiction des performances auditives après implantation cochléaire

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Auteur / Autrice : Raphaële Quatre
Direction : Sébastien SchmerberArnaud Attayé
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Modèles, méthodes et algorithmes en biologie, santé et environnement
Date : Soutenance le 12/12/2025
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale ingénierie pour la santé, la cognition, l'environnement
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Braintech Inserm U1205
Jury : Président / Présidente : Pascal Senn
Examinateurs / Examinatrices : Philippe Cinquin, Elena Moro
Rapporteurs / Rapporteuses : Paul Avan, Christophe Vincent
DOI : 10.70675/98dc1f09z0ec0z4777zb0f8zb8053308285c

Mots clés

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Résumé

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La surdité est un facteur de risque reconnu de déclin cognitif et de démence, pouvant être partiellement réversible par la réhabilitation auditive. Dans ce travail de thèse, nous avons exploré, au sein de cohortes prospectives, l’apport de l’intelligence artificielle (IA) appliquée à l’IRM cérébrale pour affiner l’évaluation de l’état cérébral chez des patients candidats à une implantation cochléaire.Dans une première étape, nous avons confirmé la valeur pronostique de nouvelles techniques d’imagerie, telles que l’imagerie pondérée en diffusion et la segmentation scanographique de l’oreille, dans la prédiction des performances auditives après implantation cochléaire.Dans une seconde étape, nous avons développé une approche basée sur la génération d’un « jumeau numérique » issu d’IRM pondérées T1 en écho de gradient, permettant d’estimer l’âge cérébral physiologique des patients et de le comparer à leur âge chronologique. Soixante-neuf patients ont été inclus dans cette étude avec un écart moyen entre ces deux mesures (Brain age gap, BAG) de 5.86 ans. Nous avons ainsi mis en évidence un vieillissement cérébral accéléré dans cette population, suggérant une vulnérabilité accrue aux maladies neurodégénératives.Enfin, nous avons combiné imagerie cérébrale et biomarqueurs du liquide céphalorachidien (tau, p-tau, Aß42, ratio p-tau181/Aß42) dans un modèle prédictif des performances après implantation cochléaire. Notre méthodologie associait l’IRM cérébrale à des algorithmes d’IA entraînés sur des jeux de données intégrant à la fois les caractéristiques IRM et les biomarqueurs du LCR obtenus par ponction lombaire, dans le but d’estimer les concentrations des protéines cibles à partir de l’IRM structurelle seule. Soixante-huit patients ont été inclus avec 64 présentant une IRM interprétable en IA. Les patients présentant de faibles performances auditives à un an de l’implantation cochléaire avaient des taux significativement plus bas d’Aß42 dans le LCR alors que les concentrations moyennes de tau, p-tau181, Aβ42, et du ratio p-tau181/Aβ42 se situaient dans les valeurs normales, indiquant l’absence de maladie d’Alzheimer dans cette population. L’ensemble suggérait un dépôt amyloïde cérébral délétère au niveau des voies auditives centrales, compromettant le substrat neuronal requis pour une adaptation optimale aux implants cochléaires, même en l’absence de maladie d’Alzheimer avérée.Ces travaux ouvrent la voie à une personnalisation accrue de la prise en charge, en intégrant imagerie associée à l’IA dans la prédiction des résultats de l’implant cochléaire.