Thèse soutenue

De la philologie romane aux littératures étrangères : étude disciplinaire et méthodologique sur les études italiennes françaises et la 'francesistica' italienne (XIX-XX siècle)

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Auteur / Autrice : Chiara Zambelli
Direction : Leonardo CasalinoCarlo PulsoniFilippo Fonio
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Études italiennes
Date : Soutenance le 18/04/2025
Etablissement(s) : Université Grenoble Alpes en cotutelle avec Università degli studi La Sapienza (Rome)
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale langues, littératures et sciences humaines (Grenoble, Isère, France ; 1991-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire universitaire histoire cultures Italie Europe (Grenoble, Isère, France ; 2016-....)
Jury : Président / Présidente : Patrizia De Capitani Bertrand
Examinateurs / Examinatrices : Patrizia Gasparini
Rapporteurs / Rapporteuses : Alain Corbellari, Roberta Capelli

Résumé

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Le corpus, constitué par les écrits publiés et les archives des italianistes français Charles Déjob (1847-1916) et Henri Hauvette (1865-1935) et par les francesisti italiens Pietro Toldo (1859-1926) et Cesare De Lollis (1863-1928) – les premiers titulaires de chaires présentant cette spécialisation nationale – est appréhendé d’un point de vue théorico-littéraire et historico-culturel. Dans la première partie, à partir des études d’histoire culturelle de Michel Espagne à propos des transferts culturels (Espagne 1999), je développe les outils critiques de panthéon étranger et de canon disciplinaire, afin de caractériser la transition de l’exploration culturelle aux études institutionnelles de langues étrangères. La seconde partie est consacrée à l’émersion, au XIXe siècle, du concept historique de littérature nationale, car c’est sur un plan diachronique que les italianistes et les francesisti forment l’idée de littératures française et italienne à travers une conception de l’altérité liée aux représentations de l’identité. Dès lors, nombre d’éléments fictionnels rendent possible la définition du canon littéraire à travers la comparaison. Dans la troisième partie, je prends en compte les champs littéraires ainsi que la notion de légitimité littéraire (Bourdieu 1994) et de capital Culture ou Civilisation (Casanova 2008). Les études italiennes et la francesistica recherchent une légitimité binationale sur le plan disciplinaire. Elle se fonde sur l’interdépendance littéraire franco-italienne et est transférée sur le plan savant au sein de sa communauté (Anderson 1996). Dans ce cadre, la notion de polysystème symbiotique, à la fois bilingue et biculturel (Even-Zohar 1978), sert à problématiser l’idée d’autonomie absolue du champ français et de tropisme français du champ italien. L’analyse du corpus, sous la forme d’entrées thématiques ordonnées chronologiquement du Moyen Âge au XIXe siècle, est effectuée dans la quatrième partie, en suivant trois modalités de mise en contact littéraire franco-italienne : l’étude de la place de la littérature nationale au sein de la littérature étrangère, l’étude du rôle de la littérature étrangère par rapport à la littérature nationale et le cas de l’autonomisation du canon disciplinaire. Les deux premiers cas demeurent au sein d’un comparatisme évoluant dans la polarisation (Sinopoli 1998), tandis que le dernier montre le dépassement de cette logique oppositionnelle, selon deux possibilités. D’une part à travers une ouverture due à un ralliement aux études de philologie romane, d’autre part, en se focalisant sur des objets littéraires traditionnellement considérés comme mineurs. L’approche des quatre auteurs vis-à-vis de la littérature étrangère alterne des moments d’universalisme avec d’autres marqués par le besoin d’affirmer, voire défendre, les spécificités nationales.