Thèse soutenue

La stèle, les mousses et le lierre. Questionner le minéral dans le paysage funéraire de la métropole lyonnaise

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Auteur / Autrice : Louis Dall’Aglio
Direction : Yves-François Le LayLionel Laslaz
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Géographie Aménagement Urbanisme
Date : Soutenance le 25/09/2025
Etablissement(s) : Lyon, École normale supérieure
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences sociales (Lyon ; 2007-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Environnement, ville, société (Lyon ; 1995-....) - Environnements, dynamiques et territoires de la montagne (Le Bourget du Lac, Savoie ; 2003-....)
Jury : Président / Présidente : Camille Hochedez
Examinateurs / Examinatrices : Yves-François Le Lay, Lionel Laslaz, Céline Clauzel, Joëlle Salomon Cavin, Flaminia Paddeu, Pascal Marty, Marion Ernwein
Rapporteurs / Rapporteuses : Céline Clauzel, Joëlle Salomon Cavin

Mots clés

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Résumé

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Cette thèse est consacrée aux rôles et aux formes de la nature dans les cimetières de la Métropole de Lyon. Nous proposons, au travers de l'étude du paysage des cimetières, ou deathscape, de nous intéresser conjointement aux dynamiques sociales et environnementales des espaces funéraires. Dans cette thèse sont présentés les résultats de plusieurs protocoles d'enquêtes destinés à illustrer, à documenter et à affiner notre connaissance de ces processus : deux inventaires photographiques consacrés aux cimetières, et en particulier aux Jardins du Souvenir ; une enquête par questionnaire auprès des habitants de la ville de Lyon (n=323 répondants) ; une campagne d'inventaire bryologique (n=21 cimetières) et le suivi d'un transect de tombes (n=34 tombes) ; une campagne d'entretiens avec des membres des collectivités territoriales (n=48 enquêtés) ; une analyse des règlements intérieurs des cimetières (n=35) et l'étude d'une controverse locale au travers d'articles de presse (n=71). Nos résultats montrent la remise en cause du paysage minéral hérité sous le coup d'une crise des pratiques funéraires comme des pratiques d'aménagement de la ville. Historiquement dominés par une hantise de la nature organique et une écologie de l'abandon, les cimetières voient revenir une nature vivante, destinée à soigner la ville et les défunts. Alors que le paysage funéraire était fondé sur un haut degré d'entretien, une approche horticole de la nature urbaine et une écologie favorisant les espèces décoratives (ou capables de s'insérer dans des niches écologiques singulières, comme les bryophytes), les vingt dernières années ont consacré le retour du vivant dans le cimetière, au travers des Jardins du Souvenir, des politiques de maximisation de la biodiversité en ville et de l'arrêt des pesticides. Cette rencontre entre des pratiques paysagères aux rationalités contradictoires suscite aujourd'hui des controverses qui font la richesse de cet objet d'étude paradoxalement bien vivant, et nourrissent une meilleure compréhension du regard que les citadins jettent sur la place de la nature en ville.