Adapter les établissements humains au changement climatique : méthodes d'évaluation et d'amélioration des stratégies d'urbanisation selon des critères microclimatiques et biométéorologiques
| Auteur / Autrice : | Matteo Migliari |
| Direction : | Olivier Baverel |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences et Techniques de l'Environnement |
| Date : | Soutenance le 23/01/2025 |
| Etablissement(s) : | Marne-la-vallée, ENPC |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences, Ingénierie et Environnement (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne ; 2010-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Navier (Marne-La-Vallée) |
| Jury : | Président / Présidente : Julien Waeytens |
| Examinateurs / Examinatrices : Olivier Baverel, Stevan Savic, Denis Bruneau, Dragan Milošević, Sophie Herpin, Auline Rodler | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Stevan Savic, Denis Bruneau |
Mots clés
Résumé
S'adapter au changement climatique et en atténuer les effets est crucial pour maintenir l'habitabilité à long terme des zones urbaines, où vit la majorité de la population mondiale. Ainsi, les villes, à la fois les environnements les plus vulnérables et les plus peuplés, deviennent des lieux stratégiques pour mettre en œuvre des mesures préservant le bien-être humain. Dans le but de proposer des méthodologies permettant de considérer les questions environnementales dès les premières étapes d’un projet, cette thèse explore comment les stratégies actuelles d’adaptation urbaine peuvent, de manière involontaire, compromettre la résilience urbaine. Elle propose une reconsidération critique des approches d’urbanisme et des solutions plus efficaces et adaptées au contexte. Dans un premier temps, les différences entre l’effet d’îlot de chaleur urbain (ICU) et le confort thermique extérieur (CTE) ont été analysées, avec un accent particulier sur ce dernier. Une méthodologie novatrice de classification, appelée « Métamatrice du confort thermique », a été élaborée pour guider la sélection des indices de confort thermique extérieur les plus adaptés à des besoins opérationnels spécifiques. Ce cadre a permis de choisir l’indice UTCI (Universal Thermal Climate Index) pour étudier le CTE dans cette thèse. Un diagramme bioclimatique basé sur l’UTCI a ensuite été développé, mettant en évidence l’efficacité de l’ombrage et explorant les effets contrastés du vent sur le confort thermique extérieur. Ce travail examine également de manière critique l’approche de distribution de l’albédo des rues. Bien que la réflexion des surfaces soit largement promue pour réduire les ICU, cette thèse montre que des augmentations systématiques de l’albédo peuvent être contre-productives, en augmentant l’inconfort thermique des piétons. En optimisant la répartition de l’albédo, par exemple en privilégiant des chaussées plus claires et des trottoirs plus sombres, il est possible de mieux lutter contre la surchauffe urbaine et l’inconfort thermique. Un progrès supplémentaire réside dans le concept de façades dynamiques. Dans le contexte de l’adaptation au changement climatique, les morphologies urbaines doivent évoluer. Cette thèse présente des prototypes de façades dynamiques capables de s’ajuster aux variations saisonnières et climatiques, offrant une solution réactive aux besoins fluctuants en matière de confort thermique. Cette approche dynamique du design a le potentiel d'améliorer significativement la résilience urbaine en été comme en hiver, dépassant les solutions statiques qui dominent actuellement l'urbanisme. De plus, la méthodologie LCZ (Local Climate Zone) introduite dans cette recherche compare la performance thermique de différentes morphologies urbaines à travers divers climats. Cet outil d’analyse croisée remet en question les idées reçues sur la performance des zones à forte densité de tours et souligne le rôle de la végétation dans la mitigation de la chaleur urbaine, démontrant que les formes urbaines végétalisées sont souvent les plus efficaces pour assurer le confort thermique. Enfin, la thèse présente un algorithme de morphogenèse des arbres, qui intègre les caractéristiques des espèces d’arbres et les facteurs environnementaux pour optimiser les schémas de plantation en milieu urbain. Cet outil soutient la création d’espaces urbains durables et adaptés au climat, en veillant à ce que les arbres soient non seulement plantés aux endroits adéquats, mais aussi qu’ils survivent et prospèrent, afin de maximiser les bénéfices microclimatiques