Thèse soutenue

L'image oblique : paroles divines et culte marial dans la chapelle Salviati à San Gregorio al Celio, Rome

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Auteur / Autrice : Célia Zuber
Direction : Giovanni CareriJan BlancMathieu Caesar
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Arts : histoire et théorie
Date : Soutenance le 12/05/2025
Etablissement(s) : Paris, EHESS en cotutelle avec Université de Genève. Faculté des lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Daniela Solfaroli Camillocci
Examinateurs / Examinatrices : Giovanni Careri, Jan Blanc, Mathieu Caesar, Daniela Solfaroli Camillocci, Ralph Dekoninck, Rebecca Zorach, Pierre-Antoine Fabre
Rapporteurs / Rapporteuses : Ralph Dekoninck, Rebecca Zorach
DOI : 10.70675/3ba08eeez5e90z41c6zb035zbb7332f10070

Résumé

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Une légende raconte qu’une image de la Vierge parla à Grégoire le Grand alors qu’il priait dans son monastère sur la colline du Celio à Rome. Pour le jubilé de 1600, le cardinal Antonio Maria Salviati fit construire une chapelle afin de mettre en valeur cette Madone. Carlo Maderno, Annibale Carracci et Giovanni Battista Ricci, entre autres, œuvrèrent à sa réalisation et représentèrent l’épisode miraculeux en figurant Grégoire dans le tableau d’autel, tandis que la Madone est située sur le mur latéral.Cette thèse examine comment la chapelle Salviati participe à la revalorisation du culte de la Vierge et de saint Grégoire, dans le contexte de la Réforme catholique, en lien avec les discussions sur les origines de l’Église, la papauté, le purgatoire et les indulgences. C’est aussi la figure de Grégoire en tant que théoricien de l’image qui est ici convoquée, notamment au travers de sa fameuse conception des images comme supports de lecture pour les illettrés. La chapelle Salviati, comprise en tant qu’objet théorique, permet alors de réfléchir sur cette définition grégorienne à partir des images elles-mêmes et de leur dispositif. En effet, il s’agit d’observer la façon dont elles impliquent différents sens corporels, en particulier la vue et l’ouïe, au sein d’un parcours dévotionnel comprenant un puits d’eau sacrée, d’autres images mariales, ainsi que la liturgie. La réflexion de cette thèse naît d’une curiosité : la position oblique de l’image miraculeuse de la Madone. Allant contre l’orthodoxie iconique qui veut que les images sacrées soient présentées de manière frontale, nous observons comment ce détournement de l’image impacte l’expérience dévotionnelle du spectateur, entre vision de l’image et écoute paradoxale de sa voix. Se définit alors la valeur performative du dispositif qui permet de conformer le fidèle afin qu’il accède au salut et qu’il recouvre une vision face à face, telle qu’annoncée dans l’eschatologie chrétienne.