Thèse soutenue

L'infraction politique : étude comparée des droits français et italien

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Auteur / Autrice : Anaïs Piazza D'Olmo
Direction : André GuidicelliAlessandro Bernardi
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Droit privé et sciences criminelles
Date : Soutenance le 10/10/2025
Etablissement(s) : Corte
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Environnement et sociéte (Corte ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : École doctorale Environnement et sociéte (Corte ; 2000-....)
Jury : Examinateurs / Examinatrices : Haritini Matsopoulou, François Rousseau, Raphaële Parizot, Andria Fazi
Rapporteurs / Rapporteuses : Haritini Matsopoulou, François Rousseau

Résumé

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Toujours indéfinie en droit français, l'infraction politique se caractérise par l'atteinte aux institutions de l'État ou aux libertés publiques, dans le but d'en ébranler l'organisation ou la reconnaissance. L'étude du droit italien se révèle intéressante car, à l'inverse de son homologue français, ce dernier définit l'infraction politique au sein de l'article 8 alinéa 3 du Codice penale, comme < tout délit qui porte atteinte à un intérêt politique de l'Etat ou à un droit politique du citoyen », ou < le délit de droitcommun déterminé, en tout ou en partie, par des motifs politiques. En d'autres termes, la criminalité politique peut se définir comme une manifestation de contre-pouvoir ou de dissension politique. Cette notion se positionne difficilement au sein du droit pénal. Au fil des années, le délinquant politique s'est vu octroyer un régime juridique distinct - favorable du côté du législateur français à l'inverse du législateur italien - et en conserve aujourd'hui des traces sur le plan interne et international, qui secaractérise par l'instauration de peines a priori plus douces, d'une procédure différenciée ou encore de l'exclusion de l'extradition. Pour autant, l'infraction politique demeure incertaine de par son lien avec plusieurs facteurs : les moyens utilisés, le droit, la politique et le contexte économique et social de la société. Cette incertitude est renforcée par l'existence de frontières poreuses avec d'autres formes de criminalités globalisantes et contestataires, tels que le terrorisme ou encore la criminalitéorganisée. Ces différentes problématiques nous conduisent donc à nous interroger sur la pertinence du maintien de cette typologie d'infraction. Conserve-t-elle encore une singularité utile ? Ou est-elle vouée à être aspirée par des formes de criminalité plus graves? Le développement de différentes formes contestataires et des politiques extrêmes nous invite, aujourd'hui, à réfléchir, à l'aide du droit comparé, à son renouvellement, en confirmant son régime particulier d'une part et en redéfinissant les critères de celle-ci, à savoir : la violence, le contexte et le mobile, d'autre part.