Modélisation multi-échelle du branchement dans les réseaux mycéliens
| Auteur / Autrice : | Sebastian Baudelet-Aponte Garcia |
| Direction : | Thierry Goudon, Rémi Catellier |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Mathématiques |
| Date : | Soutenance le 07/11/2025 |
| Etablissement(s) : | Université Côte d'Azur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences fondamentales et appliquées |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire J.-A. Dieudonné (Nice) |
| Jury : | Président / Présidente : Reda Chhaibi |
| Examinateurs / Examinatrices : Thierry Goudon, Rémi Catellier, Reda Chhaibi, Amandine Véber, Manon Costa, Marielle Simon, Jakob Ruess | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Amandine Véber, Manon Costa | |
| DOI : | 10.70675/7a9d05e9z13bfz46d8z9dfaz07d23e657bc1 |
Mots clés
Résumé
Cette thèse se situe à l'intersection de la modélisation biologique et de la théorie des processus stochastiques. Elle se concentre sur la croissance et la dynamique de branchement des champignons filamenteux. Ces organismes forment des réseaux complexes appelés mycéliums, constitués de cellules allongées et interconnectées. Le branchement, défini comme l'apparition de nouvelles extrémités de croissance, est un processus clé qui façonne l'architecture globale du réseau et constitue le cœur de ce travail. Sur le plan de la modélisation, nous proposons un cadre mécanistique reliant la dynamique cellulaire à petite échelle à la structure du réseau à grande échelle. Le modèle décrit le comportement d'un ensemble de protéines supposées indiquer les sites de branchement : elles diffusent et fusionnent lors de collisions, formant ainsi de plus grands agrégats. Les événements de branchement surviennent lorsque deux amas protéiques dépassent ensemble un seuil critique de masse, reliant ainsi la dynamique microscopique des agrégats à la probabilité de branchement. Bien que le modèle initial soit explicite, il est analytiquement intraitable ; des approximations successives sont donc utilisées pour dériver des formules explicites et des prédictions biologiquement pertinentes. Sur le plan théorique, nous analysons la coalescence stochastique, un système de particules caractérisées par une masse positive, qui fusionnent par paires à un taux déterminé par un noyau d'interaction symétrique. Nous établissons des vitesses de convergence de ce processus stochastique vers les solutions de l'équation de coagulation de Smoluchowski, pour un noyau particulier issu du cadre de modélisation précédemment mentionné. Cette analyse met en évidence des résultats de propagation du chaos à l'aide d'outils avancés d'analyse fonctionnelle, de théorie de la mesure et de théorie des probabilités. Ces deux contributions complémentaires constituent un cadre solide reliant observations expérimentales et compréhension théorique. Les résultats apportent un nouvel éclairage sur la morphogenèse fongique et ouvrent la voie à de futures recherches sur les réseaux de branchement à grande échelle, ainsi que sur la dynamique à long terme des systèmes de coalescence.